Le credo rhythm’n’blues des Strypes

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Les Strypes s’inspirent du blues, du vrai. Hier à Werchter, les quatre gamins irlandais ont créé la sensation.

Ceux qui ont survécu au déluge de décibels déclenché jeudi soir par les thrasheurs de Metallica s’apprêtaient à passer une journée paisible, ce vendredi à Werchter. Jusqu’à ce que les Strypes montent sur scène, donnant par la même occasion un petit coup de fouet à une programmation un peu trop paisible.

The Strypes? Quatre gamins venus d’Irlande (Cavan, près de la frontière avec l’Ulster), manifestant un culot de vieux routiers du circuit rock. Des ados qui ne jouent pourtant pas une musique d’adolescents: rock’n’roll donc, mais aussi pub rock, blues et rhythm’n’blues, tendance Animals, Dr Feelgood ou Yarbirds.

Et ils y mettent du cœur et de l’énergie: les salopiauds jouent sans temps mort ni blabla. Et quand faux départ il y a, ils font comme si de rien n’était. Des pros! Les tenues sont assorties: lunettes solaires et veston à motif tartan pour Ross, le chanteur, pas encore tout à fait 17 ans, cravate et bretelles rouges sur chemise noire pour le batteur, Evan… Signés sur Rocket Music (Elton John), liés pour cinq albums à Mercury, ils reprennent Vince Taylor («Brand new Cadillac») ou Nick Lowe («Heart of the city») devant un public déjà très chaud malgré l’heure. Un public chaud… et un parterre de demoiselles! Evan Walsh: «Nous en sommes actuellement à un stade où, en festival, nous jouons tôt. Et nous savons très bien que ça signifie commencer devant peu de monde.»

On leur parle évidemment souvent de leur jeune âge. Moyenne: 17 ans… «La dernière fois, c’était pas plus tard que pendant l’interview précédente, s’amuse Josh, le guitariste. Mais nous n’y pouvons rien. En plus, avoir 18 ans et être dans un groupe, c’est le truc le plus ennuyeux au monde!»

Le batteur reprend: «Mais en même temps, quand j’évoque un groupe, dans ma tête, ces gens ont rarement trente ans. Tous les groupes que nous aimons ont environ dix ans de moins. Les groupes d’aujourd’hui ont, quoi… quatre, cinq ans de plus que nous?»

En fait, l’étonnement est suscité par le style qu’ils aiment et qui est le leur. Il vient du blues… Des sixties et des seventies. «Tout cela nous est arrivé naturellement. C’est avec ça que nous avons grandi, nos parents avaient de fabuleuses collections de disques. Alors, à 14 ou 15 ans, quand nous avons formé un groupe, c’est ce qui s’est naturellement imposé. Du blues, en fait. C’est pour ça que nous aimons aussi Jack White ou les Black Keys, autant que Bo Diddley, Chuck Berry, Jerry Lee Lewis et Fats Domino. Ou des trucs punks et new wave, comme les Undertones et Johnny Thunders. C’est un peu toujours le même matériau de base, traité autrement selon les époques.»

Et puis, ce n’est pas juste de la musique. Ce sont aussi des histoires de musiciens, des mythologies… «On ne peut pas être un vrai fan de blues quand on est dans un groupe si on n’a pas envie de tout savoir à propos de ces gens, considère Evan Walsh. Tu lis les livres, tu vas voir les films et tu achètes les t-shirts, dirais-je pour simplifier. C’est ça, être fan!»

Didier Stiers

Didier Stiers

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