L’essence de Eels à Luxembourg

eels

C’était il y a 9 ans, au Cirque royal de Bruxelles. Mark Olivier Everett, Eels depuis que le tube planétaire « Novocaine for the soul » a fait de lui une figure du rock américain, offrait une déclinaison scénique étourdissante à son album « Blinking Lights & Other revelations », sombre diamant, introspectif et cathartique, déjà.

Tantôt barbe broussailleuse et albums rocks de la même trempe ( »Hombre Lobo ), tantôt immersion sans masque dans les profondeurs abyssales de la noirceur humaine ( « The cautionary tales of Mark Olivier Everett »), Eels a poursuivi depuis son épopée musicale, se jouant des attentes, naviguant sans doute plus au gré des humeurs – changeantes – de son leader que d’un plan de carrière tout tracé.

La sortie de son dernier album et le filet de lumière pâle qui l’entoure laissait planer l’espoir de retrouvailles avec cet Eels de 2005, tiré à 4 épingles, un cigare cubain au bec, canne en main, accompagné d’un orchestre de cordes pour épouser un mode lyrique. Facile :o n eût mal vu qu’il endossât le pull à capuches et les guitares vrombissantes de sa tournée “Hombre Lobo” pour servir ces délicatesses pop-rock.

Dans le cadre du Grand Théâtre de Luxembourg, dans l’atmosphère cotonneuse laissée par Mélanie De Biasio, Everett et ses 4 compères multi-instrumentistes n’ont pas déçu l’attente d’une petite décennie. Avec une recette dont on s’étonne à chaque fois qu’elle fonctionne aussi bien tant elle évite de s’encombrer de détours : des mélodies à quatre accords, des textes à l’humour désenchanté, sans tralalala ni fausse complicité avec le public. De quoi aller à l’essentiel, en piano-voix ou guitare-voix. La traversée emprunte au dernier opus du maître d’oeuvre, mais n’hésite pas à remonter dans le passé tortueux du groupe, jusqu’à « Birds » ou « Motherfucker » de « Daisies of The Galaxy » (en 2000).

La retenue et une certaine sobriété sont de mise, pour chacun des musiciens et dans les arrangements, qui évitent les grands effets. Pour les guitares comme pour les percussions, les plats sont servis par petites touches plutôt qu’à la grosse louche. On y reconnaît à peine le côté gargantuesque de « My Beloved Monster » (de la bo de Shrek), lissé jusqu’à paraître gentillet. A l’image, au fond, de 90 minutes de concert où la structure des morceaux, l’instrumentation et même l’autodérision de Everett (sur « That Look You Give That Guy », ou quand il s’offre un hug avec le public avant les rappels) donnent une impression de tourner en rond. Non sans filer à l’occasion ( »Lockdown Hurricane », épuré) le tournis.

Eels, en concert au Rivierenhof à Anvers, les 20 et 21 juillet C’est complet.


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