Le croque-mort et la princesse

Frontstage - Au Revoir Simone

On l’a retrouvé, le public des Ardentes ! En même temps, rien de très étonnant : ce samedi était « ze » journée sold out de l’édition 2014, et l’affiche renseignait rien moins que IAM et Stromae. Vous l’aurez compris : les Marseillais comme le Bruxellois ont assuré, devant la toute grande foule. Aux anges.

Il n’y en ceci dit pas que pour ces deux têtes d’affiche, en ce troisième jour d’Ardentes, toujours aussi conviviales. A l’Aquarium, sur l’Open Air ou dans le HF6, le programme est particulièrement contrasté…

Elles sont toutes les trois sagement alignées sur le devant de la scène, penchées sur leurs claviers, les filles d’Au Revoir Simone. Enfin, « sagement » : le déhanché se fait de temps en temps un peu plus lascif, notamment quand Erika Forster, Annie Hart et Heather D’Angelo entrent dans des univers électropop un peu à la Kavinsky/« Drive ».

Difficile d’imaginer dès lors grand écart plus large que celui qui sépare les compos enjouées des Américaines et Mark Lanegan, l’occasionnel comparse de Josh Homme. « C’est rock », signalera l‘un des tweets projetés sur les écrans après le concert. Ben ouais. Et c’est aussi du blues funéraire ! Lanegan, ce n’est pas la première fois que je le vois en festival, mais bel et bien la première lors d’un rendez-vous plus familial ou grand public comme ces Ardentes. Il n’y a pas foule devant l’Open Air : la voix d’outre-tombe et la tête de croque-mort ont dû en effrayer quelques-uns, des fans de Stromae déjà là pour être certains d’avoir une bonne place. Chanter pour peu de monde n’est pas très rigolo : le set, pourtant dense, se termine un quart d’heure plus tôt que prévu.

Mélanie De Biasio a elle aussi un peu de mal à se faire entendre. Non que l’Aquarium soit rempli de gens pressés de voir le foot : ça, c’était à Werchter, il y a quelques jours. Si l’endroit est ici plus propice aux concerts un rien intimistes, il est aussi occupé par nombre de gens qui n’ont pas trouvé d’autre coin pour papoter. C’est dingue ! Tant pis pour tous ceux qui passent du coup à côté de sa soul douce et de ses chansons jazzy lancinantes. Et s’ils avaient été un peu plus attentifs, ils auraient peut-être vu passer le fantôme bienveillant de Nina Simone…

Frontstage - MIA

Autre grand écart : passer de Mélanie De Biasio à MIA. De l’acoustique classe à l’électro dingo. D’une petite robe noire façon Piaf à la tenue dorée de princesse. Avec son danseur et ses deux danseuses dont une qui fait aussi choriste, il ne faut que quelques secondes à Mathangi « Maya » Arulpragasam, sur le fil qui sépare le sexy du vulgaire, pour déclencher la grosse fiesta. A l’invitation de la trublionne d’origine tamoule, « Boyz » est l’occasion pour une partie du public de se retrouver sur scène. MIA a le sens du show, même s’il fait plus bricolage maison que celui proposé par Stromae ou les Marseillais d’IAM rappant devant de chouettes projections.

Didier Stiers

 

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