Superstar DJ’s

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Dour a beau prôner l’éclectisme, il traîne toujours derrière lui une image très rock alternatif, blousons noirs et doc martens – voire bonnet rasta -, ce genre de sottises. Pourtant, depuis quelques années, ce n’est plus l’affiche rock qui attire, mais bien l’affiche électro.

Déjà l’an dernier, avec Flying Lotus, Modeselektor et Trentemoller, Dour avait visé juste: pointu et ultra populaire. C’est simple, un an plus tard, la plupart se retrouvaient à Werchter (Trentemoller, Moderat à savoir Modeselektor + Apparat).

Cette année, rebelote. Jeudi en fin d’après-midi, la Dance Hall était full pack pour Chet Faker, sorte de proto James Blake barbu hipster, dont le premier album vient à peine de sortir. A deux heures du matin, Jeff Mills rameutait encore plus de populace… Avant de décamper fissa après qu’un festivalier ait balancé son verre de bière sur sa console. Le set a duré 25 minutes. Ouch! Entre les deux, Darkside et Bonobo ont fait le plein respectivement dans la Petite Maison dans la Praire et sur la Last Arena. Ce qui n’est pas rien.

Darkside, justement, qui a offert (c’est notre avis) le concert de la première journée. Entre psychédélisme floydien, beats bien carrés et mélodies vaporeuses, il y avait du son et des atmosphères fascinants sous la tente surchauffée. Un mélange d’ingrédients assez parfait dans le dosage et particulièrement efficace pour les envolées de l’esprit. Du psychédélisme XXIe siècle, en somme. Le nom du groupe du petit génie new yorkais Nicolas Jaar et de son compère James Harrington n’est d’ailleurs pas pris au hasard. Darkside reprend l’affaire là où Gilmour/Waters l’ont laissé il y a (déjà!) 40 ans de cela. Du côté obscur de la lune.

Du côté de Bonobo, c’est un peu plus compliqué. Le bonhomme jouit d’un succès assez impressionnant depuis plusieurs années. L’Anglais est clairement dans la lignée trip hop générée par Massive et son « Blue Lines » de 1991. Nappes de synthés vaporeuses, beats hip-hop et diva soul comme chanteuse. Lui y ajoute des rythmes caribéens. Bonobo a un univers bien à lui, aucun doute là-dessus. Pourtant, on reste sur nos gardes, sans adhérer complètement. Certes, l’endroit n’est pas propice pour apprécier l’oeuvre à sa juste valeur, mais la bémol qu’on a est le même que pour nombre de ces artistes post-trip hop (les maîtres du genre inclus). C’est que là où la musique de « Blue Lines » sortait directement de la rue, sentait l’air pollué et la vie urbaine, dans celle de Bonobo (et celle de tant d’autres), on entend surtout un professeur maboule enfermé dans son studio et chipoter ses boutons. Mais bon, à revoir dans des conditions plus optimales.

Tout ça pour dire, avec la performance (encore une fois) cinq étoiles de The Notwist vendredi (pas purement électro mais pas vraiment rock non plus… ces gens ont-ils jamais fait un mauvais concert?), l’electro fait les beaux jours à Dour. Pourvu que ça… Dour (oui, elle était facile…).

c Mathieu Golinvaux

c Mathieu Golinvaux

DIDIER ZACHARIE

Journaliste lesoir.be

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