Monument en péril

Frontstage - Motorhead

Lemmy n’est pas mort. C’est déjà ça ! Personnage culte de la scène heavy metal, l’Anglais avait dû se plier aux ordres des médecins, l’année dernière, et postposer de nouvelles sorties scéniques avec ses deux comparses de Motörhead. A 68 ans, il est désormais remonté sur les planches. Et Lemmy Kilmister à Lokeren, ça fait courir les spectateurs !

« We’re Motörhead, and we play rock’n’roll » : l’intro est un gimmick qui fait partie du jeu et qu’on aime autant ne pas rater. Les problèmes de circulation et de parking qu’entraîne la kermesse dans la ville en décident autrement. Tant pis. En même temps, on s’épargne de la sorte quelques gros soucis de son qui font un mauvais sort aux « Damage case » et autres « Stay clean ».

La voix est plus gutturale et rocailleuse que jamais. Tellement même que Lemmy en devient parfois incompréhensible. Chapeau de cowboy sur la tête, traits creusés, croix de fer sur la sangle de sa basse, il est figé dans sa pose caractéristique, chantant dans ce micro fixé un peu plus haut que lui. Pas mort certes, mais bien statique quand même ! On imagine que physiquement, être là lui coûte. Alors, pour le petit supplément de show, on retournera regarder ce clip d’Overkill qui se balade sur YouTube ! Heureusement que Mikkey Dee et Phil Campbell compensent, l’un et l’autre y allant de leur solo. Le premier sera présenté comme le meilleur batteur du monde, et le second, à la guitare, comme le fidèle depuis 30 ans ! C’est ce dernier qui se charge de rendre la pareille au « patron » : « Ladies and gentlemen, the one and only Ian Fraser « Lemmy » Kilmister ! »

Ce bonhomme, c’est après tout quasi 50 ans de carrière, si l’on compte le chapitre Hawkwind et les quelques aventures préalables. Une vingtaine d’albums studio depuis le Motörhead de 1977. Et, oui, un volume entier de biographie qui pourrait être réservé aux excès divers et variés. Mais ici, pour une soirée rock’n’roll, l’atmosphère est étrangement calme. On en viendrait à soupçonner une partie du public, disons, la plus jeune, d’être ici pour voir l’icône (et dire ensuite « j’y étais ») plutôt que passer au crible une setlist qui ne déchaine pas réellement non plus. Les deux extraits d’Aftershock, l’album sorti l’an passé, tombent un peu à plat. Dommage pour « Lost woman blues », qui aurait pu emmener le groupe sur un sentier un rien différent. Et en même temps, jamais éloigné du bar !

« This is our last song ! » Le concert a commencé depuis une heure pile. Il ne faut qu’une fraction de seconde pour reconnaître l’intro d’« Ace of spades ». Le morceau obligatoire, immanquable et attendu. Qui est à Motörhead ce que « Highway to hell » est à AC/DC ou « Run to the hills » est à Iron Maiden. Pas de quoi crier au miracle, mais même dans cette version pas exceptionnelle, il semble quelque peu réveiller le monde. Certes : qui ne connaît pas ce refrain-là ? Ou celui d’« Overkill », joué comme seul rappel longuement réclamé ?

Conclusion ? Lemmy vit encore, c’est sûr, mais on ne tirera pas de plus importante leçon de ce passage de Motörhead à Lokeren.

Didier Stiers
(Mathieu Golinvaux)

 

Setlist : Damage case – Stay clean – Metropolis – Over the top – Solo guitare – The chasé is better than the catch – Rock it – Lost woman blues – Doctor rock – Just ‘cos you got the power – Going to Brazil – Killed by death – Ace of spades. Rappel : Overkill.

Didier Stiers

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