Neil Young plus “peace and love” que jamais

Photo Mathieu Golinvaux.

15.000 personnes ont pu applaudir, mardi aux Lokerse Feesten, Neil Young & Crazy Horse. Un concert sold-out de plus de deux heures qui a rappelé que le buffle canadien reste un combattant pour la paix dans le monde, l’amour universel et la protection de la planète.

Ah si tous les festivals pouvaient ressembler aux Lokerse Feesten qui se sont ouvertes vendredi et qui se termineront dimanche après avoir accueilli Mötorhead, Patti Smith et 50 Cent… Organisées en plein coeur de la ville, au moment de la kermesse, elles ne peuvent pas contenir plus de 15.000 festivaliers par jour et tant l’accueil que l’organisation ne donne envie que d’y retourner dans cette sympathique bourgade sise entre Gand et Anvers.

Mardi, tout a commencé avec un cadeau royal de la part de Neil Young: plutôt que de vendre ses t-shirts, comme tous les autres, le Loner les offrait à l’entrée. Tout le monde a reçu – à la bonne taille – ce t-shirt noir en coton organique réalisé en Inde en utilisant uniquement l’énergie solaire et éolienne. Un t-shirt noir marqué Protect ou Earth. Qu’il portait lui-même, comme ses deux choristes et pour que le message passe bien, c’est par “Who’s Gonna Stand Up and Save the Earth” que le groupe a conclu à minuit trente son set de plus de deux heures.

Un concert qui a commencé par un éblouissant “Down By The River” de plus de vingt minutes. Nous voici revenus en 1969 avec cette longue transe électrique qu’il prolongera de dix minutes avec “Powderfinger”. Après un tel début en fanfare qui est la quintessence du génie guitaristique de Neil, on ne pouvait que redescendre comme la tension. Comme un mantra perpétuel, le chanteur se la joue peace (un “Living With War” très actuel) et love avec “Standing in the Light of Love”, “Love To Burn” et “Name of Love” remontant à sa collaboration avec Crosby, Stills & Nash. La répétition se fait un peu longuette quand Neil sort son arme plus très secrète (puisqu’il l’avait déjà fait à Forest l’an dernier): sa reprise solo acoustique de “Blowin’ in the Wind” de Dylan, suivie du tout aussi magique et éternel “Heart Of Gold”.

On en restera là pour l’acoustique et Neil repart au combat avec un plus faible “Barstool Blues”. Mais ce que tout le monde attend arrive alors et rien que pour cela, ce concert valait le déplacement: un “Cortez the Killer” d’anthologie. On a oublié de vous dire que le son était parfait en bord de Grote Kaai et que Rick Rosas, en remplacement de Billy Talbot souffrant d’un problème cardiaque, a forcément été à la hauteur, lui qui fut du Buffalo Springfield et de CSN&Y. Le public a aussi pu chanter à son aise “Rockin’ in the Free World”, avant les rappels, aidé par les deux choristes apportant une touche soul à l’ensemble du concert.

Backstage, on a retrouvé les membres d’Hooverphonic, Novastar et Triggerfinger – tous à l’affiche du festival – pour une party où coulait la Kaaiman, une bière brassée spécialement pour ces quarantièmes Lokerse Feesten, qui a trouvé le slogan qui s’imposait (“probably the best city festival in Europe”) pour convaincre Neil d’y goûter et d’y revenir. Les deux journalistes parisiens croisés n’ont en tout cas pas regretté le déplacement pour cette mini-tournée européenne d’un artiste concerné qui n’est pas près de baisser les bras.

THIERRY COLJON

PROGRAMME

Down by the River
Powderfinger
Standing in the Light of Love
Days That Used to Be
Living With War
Love to Burn
Name of Love
Blowin’ in the Wind
Heart of Gold
Barstool Blues
Psychedelic Pill
Cortez the Killer
Rockin’ in the Free World
Be the Rain
Who’s Gonna Stand Up and Save the Earth

Lire aussi > Neil Young will never die


commenter par facebook

7 commentaires

  1. Claudio

    6 août 2014 à 14 h 36 min

    I wish to fully support the comment of Alain Dochine on FB.

    The concert was really tedious and repetitive, too much “Crazy Horse” and few “Neil Young”.
    I just wonder if Neil does not have enough songs in his own repertoire before performing a sad “Blowin’ in the wind” without voice.
    He has not spent one word on the environmental initiative, so did the organization. A cross reference in a song is not enough to push people to think about.
    The amplification was awful, the crowd too much noisy (and drunk) and compressed in a so limited room.
    Apparently nobody far away more than 20 meters from the stage was interested to it.
    This area is not suitable at all for this kind of music and for listening Neil Young whispers. Maybe a place for 30000 attendants could help to keep the ticket cheaper and the fans happier.
    Powder, lights and food shops so close to the stage are really uncomfortable.
    The bus shuttle was the recommended way to get to the arena, but I just wonder how long it took to the last one to reach the car park after the concert.

    Luckily, it did not rain.

    • Mad horse

      6 août 2014 à 16 h 20 min

      J’y étais. Mon 13ème concert de Neil Young en 20 ans et un des meilleurs. Très bon son, bonne ambiance, tee-shirt reçu à l’entrée (et je suis un spectacteur lambda), et surtout, Neil Young et Crazy Horse en forme et de bonne humeur. Car c’était un concert Crazy Horse et donc très électrique avec les envolées et bonnes longueurs qui vont avec… Ceux qui venaient pour entendre du Harvest accoustique devaient le savoir !… ce n’est pas le Neil Young folk. 48 euros aujourd’hui pour un tel concert de près de 2h30 avec de bonnes premières parties, c’est exceptionnel. Et il faut aussi soiligner qu’à 68 ans, Neil Young, contrairement à la plupart de ses pairs, ne se contente pas d’accumuler les tubes mais au contraire, ose revisiter ses classiques et lancer des inédits ou raretés. Standing in the light of love, who’s gonna stand up, sont des inédits que le public a très bien accueilli, par exemple.

répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>