Mirel Wagner : “When the cellar children see the light of day”

Mirel Wagner Band Photo

Il y a des galettes qui sont comme des poisons lents : l’effet est bien réel, mais il ne se manifeste qu’au fil des écoutes. Et puis, il y en a d’autres, probablement plus rares, qui vous prennent d’emblée. C’est dans cette seconde catégorie que se range le nouvel album de Mirel Wagner, auteure et compositrice, née en Éthiopie mais qui a grandi à Espoo, en Finlande. Il y a trois ans, qu’est-ce qu’on avait déjà pu frissonner à l’écoute de son disque éponyme ! De ses chansons dépouillées jusqu’à l’os, de sa diction qui détache les mots les uns des autres, même les plus terribles (elle ne dépeint pas un univers de bisounours), et ce folk/blues saisissant de minimalisme.

Aujourd’hui signée sur le label américain Subpop (Afghan Whigs, Low, Notwist, Nirvana…), toujours inspirée par les Mississippi John Hurt, Muddy Waters, Slim Harpo, Son House et autres Skip James, Mirel Wagner nous offre une deuxième plaque et une autre poignée de chansons magnifiques. Produites par Sasu Ripatti, alias Vladislav Delay. Toujours habitées (« The devil’s tongue »). Et à peine moins dépouillées. Tout au plus note-t-on ici et là quelques chœurs, un peu de réverbe (l’envoûtant « Oak tree », « Taller than tall tree »…) ou un violon discret (« Ellipsis ») venus accompagner cette guitare acoustique dont elle joue depuis l’âge de 13 ans. Un regret, un seul, quand sa voix presque chuchotante se tait au bout de « Goodnight » : trente minutes, c’est trop court !

Didier Stiers
(Photo : Aki Roukala)

Didier Stiers

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