Songs of Innocence, un U2 pop et inégal

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Joli coup pour les rockeurs irlandais de U2 qui, grâce à une collaboration avec Apple, proposent dès aujourd’hui sur iTunes, son 13ème album Songs of Innocence, en téléchargement gratuit. L’album sortira «physiquement» le 13 octobre 2014.

La collaboration avec le groupe de Bono et Apple remonte à une dizaine d’années avec les spots publicitaires à base de silhouettes lors du lancement de l’édition spéciale de l’iPod et de PRODUCT (RED). Mais cette fois-ci, U2 fait très (très) fort. Potentiellement, plus de 500 millions d’utilisateurs peuvent écouter le très moyen Songs of Innocence. L’intention n’est pas anodine. Et on aurait bien aimé être une petite souris pour jeter un œil sur le contrat entre Tim Cook, le pdg du groupe Apple et les musiciens de U2. D’autant que la sortie du disque est synchronisée avec la présentation sur le marché de l’iPhone 6. Ceci étant Songs of Innocence sortira physiquement dans un mois et ce, dans une foule de formats (coffret, vinyles, ect,…).

Produit par Danger Mouse, le DJ et producteur américain membre des Gnarls Barkley, ce nouveau U2 est présenté comme un hommage à leurs débuts musicaux et aux morceaux et groupes qui les ont influencé. D’ailleurs, sur le petit clip teaser d’iTunes, on y voit Joey Ramones et les Clash. Le premier des onze morceaux s’intitule «The Miracle (of Joey Ramone)». Bon, U2 avait déjà repris le « Beat on the brat » des sales gamins du Queens, l’hommage est cool et la chanson immédiate, à défaut d’être réellement incroyable. Difficile après une écoute d’avoir un avis définitif sur ce Songs of Innocence qu’on qualifierait de plutôt pop à défaut de rock. Certaines chansons se détachent pourtant nettement du lot. C’est le cas de « Iris (Hold me close »), du prénom de la maman de Bono où la production de Danger Mouse (Beck, Norah Jones, Black Keys,…) fait la différence. Par contre, « Every breaking wave » et « California (There is no end to love) » frisent la caricature.

Si U2 présente ce 13ème opus comme un retour aux sources, « Raised by wolves » renvoie aux années 80, l’âge d’or des Dublinois. Autre chanson émotionnellement chargée est « Cedarwood Road », du nom de la rue où Bono a grandi au sein de la maison familiale. « Sleep like a baby tonight » se démarque de l’ensemble grâce à la production audacieuse et exploratoire de Danger Mouse tandis que « This is where you can reach me » est, à notre sens, un hommage direct aux Clash de Joe Strummer. La deuxième partie du disque est de loin la meilleure jusqu’à l’apparition de Lykke Li dans les chœurs de dernier morceau : « The Troubles », qui n’a jamais aussi bien porté son nom.

PHILIPPE MANCHE

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A écouter sur iTunes


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