Alt-J, retrouver la liberté

Frontstage - Alt-J

En un disque à peine, mais une volée de bonnes critiques et quelques awards bien mérités, le statut d’alt-J est passé de « groupe cool » à celui de « groupe connu ». Un monde de différence, à gérer alors que sort l’attendu deuxième album.

Révélé en 2012 avec la sortie de son premier album, An awesome wave, album récompensé la même année par un prestigieux Mercury Music Prize puis en 2013 par un Ivor Novello Award, alt-J est le trio que forment Joe Newman (voix, guitare), Gus Unger-Hamilton (claviers) et Thom Green (batterie). Voilà pour les présentations, sommaires, surtout à l’attention de ceux et celles qui auraient passé leur temps loin des blogs, des radios ou des concerts au fil des mois écoulés. Ceux et celles, donc, qui ne sauraient pas non plus que les Anglais nous reviennent avec un deuxième disque, This is all yours. Qu’ils nous ont présenté cet été dans un hôtel de la capitale, au son de l’aspirateur passé énergiquement par une employée consciencieuse. Il a pourtant suffi d’un T-shirt Breaking bad pour faire fi du bruit de fond et lancer la conversation…

Vous êtes accros aux séries télé ?

Joe Newman : J’adore Breaking Bad ! J’en suis même devenu complètement obsédé. Quand nous étions en tournée aux Etats-Unis, j’étais encore devant l’écran deux minutes avant de monter sur scène ! Ce n’est pas très rock’n’roll, n’est-ce pas ?

Gus Unger-Hamilton : Non, mais Breaking Bad a un peu été notre drogue quand même.

Joe : C’est vrai qu’en tournée, regarder Breaking Bad est probablement une meilleure habitude que de prendre de l’héroïne ou picoler comme des malades.

C’est quoi la petite histoire de ce nouvel album ?

Gus : Disons que chaque morceau a sa petite histoire, mais il n’y a pas réellement de concept qui les lie tous au sein de ce disque.

Joe : Nous ne nous sommes pas assis devant une feuille blanche en nous focalisant sur un but précis. Certains titres ont même été écrits bien avant la sortie du premier album. Mais par rapport à ce que nous avions en tête, nous avons surtout essayé de renouer avec la liberté dont nous jouissions avant la sortie de ce premier disque. C’est-à-dire nous retrouver, nous, traîner ensemble, faire de la musique, sans trop nous soucier d’autre chose que d’apprécier la compagnie et jouer ensemble de nos instruments.

Vous avez perdu de votre liberté avec An awesome wave ? Ou après, peut-être, suite à tout ce qui a été dit sur ce disque et sur le groupe ? Il est vrai que cela a pu créer certaines attentes…

Gus : Disons que quand on devient un musicien établi, les choses peuvent commencer à se faire de manière standardisée. Je crois que si nous n’avions pas clairement fait savoir à notre management que nous entendions dénicher un chouette endroit et faire les choses à notre manière, nous nous serions probablement retrouvés dans un studio bien cher à Londres, après quoi on nous aurait demandé combien de temps nous comptions y rester, de combien de temps nous aurions besoin pour écrire… « Trois mois ? D’accord, rendez-vous lundi ! » Nous ne sommes pas capables de travailler comme ça, vraiment pas ! Il faut au moins que nous ayons l’impression de nous retrouver à trois amis, ce que nous sommes, parce que nous le voulons, pas parce que nous le devons.

> Jusqu’où êtes-vous aussi en studio pour le plaisir ?

Vous dites qu’il n’y a pas de réel concept derrière This is all yours, mais l’album s’ouvre avec « Arrival in Nara » et se clôture avec « Leaving Nara »… Qu’est-ce que le Japon a à voir là-dedans ?

Gus : C’est effectivement une ville du Japon, qui en a été la capitale, je crois, qui se trouve près de Kyoto et où nous ne sommes jamais allés. Mais c’est aussi une ville où les cerfs sont des animaux sacrés, où ils sont donc protégés et où personne ne vient les ennuyer. Ils peuvent même circuler dans les rues en toute quiétude. L’idée nous plaisait, comme une sorte d’analogie avec les droits des gays.

Joe : En tout cas, la chanson a été écrite à l’époque des derniers Jeux Olympiques d’hiver, quand on a effectivement beaucoup parlé de discrimination. Et donc « Nara » évoque un homme qui veut en épouser un autre, sans que personne ne vienne lui dire ce qu’il doit faire.

> Et « The Gospel of John Hurt » ? C’est à propos de l’acteur ?

> Qu’est-ce qui plaît, finalement, dans la musique d’alt-J ?

Didier Stiers

This is all yours sort ce 19 septembre. Alt-J sera en concert à Forest National le 3 février 2015.

Didier Stiers

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