BRNS: «Nous voulions nous affranchir de la pop classique»

BRNS

Patine, le premier album des Bruxellois, sort ce vendredi. Un disque envoûtant et magnétique que BRNS présentera ce 10 octobre à l’AB, le lendemain à Liège, au festival Les Heures InD et le 5 décembre à l’Eden, à Charleroi. Entretien.

Révélé en 2012 via un fracassant premier EP Wounded (et son imparable et immédiat «Mexico»), BRNS a tourné sans relâche en Belgique et (surtout) à l’étranger, alignant pas moins de deux cents concerts. Le 4 septembre dernier, nous étions à Vilnius où les Bruxellois se produisaient au Loftas Festival, à la même affiche que Darkside. La veille, en fin d’après-midi autour de quelques «fraîches», les quatre musiciens faisaient le point avec intelligence et lucidité pour un groupe dont l’âge de ses membres oscille entre 26 et 28 ans.

La rythmique avec ses cassures est très présente chez BRNS. Dans quelle mesure le jazz et la musique africaine font-ils partie de votre ADN?

Diego Leyder (guitares/chœurs) Avec Antoine, nous sommes allés chercher dans le jazz le côté improvisation, nous étions en quête de nouvelles choses. Toujours avec Antoine, nous avons écouté beaucoup de musique africaine ou des brass band. Tim écoutait des trucs plus chaloupés.

Antoine Meersseman (basse/claviers/chœurs) J’aime bien le label Anticon. Un groupe comme Why? où en concert, on ne pigeait pas trop ce qui se passait. Nous nous sommes embarqués dans un truc où nous voulions nous faire plaisir avant tout.

Timothée Philippe (chant/batterie) Nous voulions faire quelque chose de personnel, de pop et d’intéressant. S’affranchir des frontières de la pop classique.

Depuis vos débuts, on a le sentiment que vous construisez votre carrière petit à petit. Avec, ce qui est rare de nos jours, une vision sur le long terme. Pourquoi?

Tim Nous avons toujours été de nature prudente. Nous avons très vite eu des concerts mais, à la base, nous n’avions pas de désirs démesurés. Tout s’est fait étape par étape, à échelle humaine.

Vos vidéos possèdent toutes un univers propre et fort avec la particularité de ne jamais vous voir à l’écran…

Diego Chaque clip doit être intéressant. Nous ne sommes pas comédiens. Ça ne sert à rien de se montrer pour desservir l’objet final.

Tim Comme on ne voit pas nos visages, ça a l’avantage de rendre le live un peu unique. Notre première photo de presse, c’était une illustration.

Pourquoi donner beaucoup d’espace aux douze morceaux de «Patine»?

Tim Nous jouons sur les dynamiques, les contrastes, passer d’un moment intense à quelque chose de plus éclaté.

Diego La voix ou les voix sont des instruments en plus. Il n’y a pas une énorme réflexion en amont.

Votre univers musical peut donner la fausse impression que BRNS est un groupe cérébral alors qu’il y a un côté ludique dans vos chansons. Pourquoi ce décalage?

Antoine Nous faisons de la musique de façon tout à fait égoïste. Le but premier, c’est de se faire plaisir. La musique, c’est un exutoire, un terrain de jeu. Les trucs viennent par hasard. Tu es dans ton local et l’alchimie naît mais tu ne sais pas expliquer ce mécanisme.

Tim C’est la même chose avec les paroles. Qui naissent d’un gros baragouinage. Mon objectif est de trouver les mots en anglais qui collent avec ce baragouinage. Ensuite, j’essaye de trouver un thème à développer.

Propos recueillis à Vilnius par PHILIPPE MANCHE

Toutes les autres dates de concerts sur le site brns.be

 La critique*** de Patine


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