Le rap belge, une famille qui a beaucoup à dire

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Dimanche, c’était ambiance hip-hop au Bota avec JeanJass et Caballero.

D’un côté JeanJass, membre d’Exodarap Crew et Mc/Beatmaker originaire de Charleroi. De l’autre Caballero, lyriciste bruxellois natif de Barcelone faisant partie du groupe Les Corbeaux. Le premier vient de sortir Goldman, son premier album solo. Le second sortira Le Pont de la reine le 1er décembre.  Pour célébrer ça comme il se doit, les deux hommes ont pris possession de la Rotonde ce dimanche, d’apparence encore un peu frileuse face aux clichés hip-hop qui ont la vie dure.

JeanJass et Caballero se connaissent et collaborent depuis maintenant plusieurs années. « Nos univers sont différents et en même temps très proches » explique Caballero. « On écoute les mêmes choses, on a les même goûts confirme JeanJass. On s’inspire mutuellement en fait. » Cette collaboration s’étend dans le collectif À notre tour dont ils sont tous les deux membres et dont fait aussi partie La Smala.

Dimanche, ce n’était pas seulement leur concert mais bien celui de tout un crew, très uni. Travailler ensemble est une chose très naturelle pour eux, qui les aide à progresser et à s’apprivoiser. Et ça transparaît sur scène: très vite, JeanJass, qui se produisait en début de soirée, est rejoint sur scène par d’autres membres du collectif, ce qui donne une certaine richesse à sa musique. Le show est carré et parfaitement réglé.

On retrouve l’énergie du rap avec de jolies surprises comme des cuivres jazzy ou des passages mélodiques particulièrement présents. « Je connais Vince, le trompettiste, depuis 15 ans maintenant. On joue ensemble dans Exodarap et c’est avec lui que j’ai commencé à faire de la musique explique JeanJass. Dans sa famille, le jazz a une importance incroyable et c’est lui qui m’a fait découvrir toute cette culture. Elle m’influence beaucoup dans la composition des morceaux. » Ces sonorités jazz donnent une dimension supplémentaire à la musique et un côté plus urbain, au delà des frontières. « J’ai toujours trouvé important qu’on fasse le lien entre le rap et les autres styles, que les gens comprennent qu’on est tout à fait capable de faire des choses plus élaborées musicalement. Et c’est vraiment la musique que j’aime faire. »

Les textes évoquent la vie, les relations, les fantasmes. Le but premier est de « divertir les gens ». Et ça semble fonctionner : une bonne partie de la salle connaît les textes par cœur et le public bruxellois semble conquis…

En deuxième partie de soirée, c’était au tour de Caballero de monter sur scène. Son rap, projeté comme des flammes, est plus direct, plus agressif. Les textes, eux, sont parfois corsés. Mais toujours parfaitement assumés : « C’est pas que je revendique ce côté agressif mais c’est un côté que j’ai toujours aimé, un rap que j’ai toujours écouté donc je le reproduis par influence. Ca fait aussi partie de ma nature. Les textes sont influencés par l’humeur du moment. Donc évidemment, ça arrive d’être de mauvaise humeur, d’avoir envie de hurler, … Donc ça transparaît dans mes textes. » Du ressenti avant tout.

Mais le but est toujours le même : « Faire de la bonne musique avant tout, et avant d’être porteur d’un message ».

Ces prochains mois, les deux hommes continueront de défendre leurs projets respectifs. On peut d’ores et déjà noter qu’ils seront de passage le 10 avril prochain à l’AB, en première partie de La Smala.

 

Gaëlle Moury

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