Polnareff fan de Calogero

PHOTO SYLVAIN PIRAUX

Calogero a présenté, vendredi 12/12 au Palais 12, son nouveau show de deux heures qui a beaucoup plu à Michel Polnareff venu le féliciter.

Calogero, à l’instar d’un Stromae, est une exception. Alors que des Yannick Noah ou même Jean-Louis Aubert ont quelque mal à remplir la jauge de leurs salles, le chanteur d’origine sicilienne cartonne en s’offrant pour la première fois un Palais 12 blindé, avant de remettre ça en avril à Forest National et en juillet aux Fancofolies de Spa. Calo casse la baraque et Universal a tenu à le récompenser, vendredi après son concert triomphal, en lui remettant dans sa loge un disque de platine (20.000 pièces vendues en Belgique).

L’invité surprise, quand nous entrons dans la loge, est un certain Michel Polnareff qui, depuis plusieurs mois enregistre son nouvel album à Bruxelles. L’Amiral n’est pas simplement venu se changer les idées. Il est fan du chanteur. Polna, son héros! C’est son ami Obispo qui va être jaloux! Heureux et fier comme un enfant au pied du sapin, Calogero nous fait aussi écouter, sur son téléphone, le message de félicitations d’un autre bassiste gaucher célèbre: Paul McCartney. Décidément, son Noël est déjà réussi!

Photo Sylvain Piraux

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Calogero avait aussi d’autres raisons d’être heureux: son concert fut un véritable triomphe. Le public n’a pas arrêté de chanter et de hurler sur pratiquement toutes les chansons. Faut dire que ces deux heures très spectaculaires n’ont été qu’une succession de tubes, un mélange entre le “best of” et son dernier disque (en tête des ventes).

La structure scénique a la forme d’un bateau au sommet duquel Calogero va de temps en temps derrière le piano. A ses pieds, ses trois musiciens, pas plus, tel un vrai groupe de rock solide et efficace. Il y a comme du Muse en français chez Calo, dans cette façon de transformer chaque mélodie en un hymne mobilisateur. En plus de l’immense écran de fonds de scène, six écrans mobiles servent de lumières et d’éléments visuels de décor. Dès “Fidèle” suivi de “Pomme C”, en ouverture, Calo prend son public à la gorge et ne le lâche plus. Il n’y a que des tubes chez Calo mais aussi de beaux moments d’émotion. Les temps forts sont ce “Si seulement je pouvais lui manquer” seul à la guitare, “En apesanteur” et “Face à la mer” mais surtout ce nouveau “Un jour au mauvais endroit” qui parle de ce drame d’Echirolles, où a grandi le chanteur, auquel fait écho l’assassinat homophobe d’Ihsane Jarfi (au point où cette semaine, au procès, l’avocate générale Marianne Lejeune a surpris tout le monde en lisant un extrait de la chanson). Le texte est tellement important qu’il défile en grand sur les écrans avant que le public ne reprenne en choeur, poing levé: “Plus jamais, plus jamais, plus jamais ça”.

Photo Sylvain Piraux

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Calo tient son effet “Biko” et c’est tout à l’honneur de cet artiste qui – en digne successeur de Jean-Jacques Goldman qu’il est – a toujours réussi à concilier succès, mélodies populaires et textes profonds aux accents sociétaux et humanistes. Calogero prouve de fort belle façon qu’on peut être populaire avec une pop efficace et engagée à la fois. Son concert est un vrai feu d’artifice explosif, bourré d’énergie, de bonheur et de sentiments positifs. Chapeau, l’artiste!

THIERRY COLJON

Calogero sera à Forest National le 24 avril et aux Francofolies de Spa le 20 juillet.
(Photo Sylvain Piraux)


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