The Dø, shaking machine (à huiler)

The Do aux Nuits Bota 2015

Le duo The Dø présentait dimanche son nouvel album à l’Orangerie du Botanique. Un show bien construit, mais encore en rodage.

Intéressant parcours que celui du duo franco-finlandais The Dø. Au départ musiciens de studio pour films, pièces de théâtre et spectacles de danse, Dan Levy et Olivia Merilahti sont devenus phénomène pop le temps de la saison 2008 suite au succès du single « On My Shoulders » avant de rentrer quelque peu dans le rang. Mais à l’heure du troisième album, contre toute attente, le duo laisse entendre qu’il est là pour s’inscrire dans la durée. Moins éclaté, moins foutraque aussi, Shake Shook Shaken dévoile un groupe résolument en phase avec son temps, qui a recadré le propos autour de sonorités numériques tout en restant fondamentalement pop, efficace et minutieux.

Minutieux. C’est aussi le sentiment que nous a laissé ce concert dans une Orangerie du Botanique remplie, dimanche soir. Un peu trop peut-être…

The Dø n’est plus là pour rigoler, prendre les choses à la sauvette, partir dans des extravagances et autres fantaisies comme sur le premier album. Le show est pensé, réglé et centré quasi exclusivement sur le dernier album. « J’aimerais donner un concert aussi parfait que ce qu’on a donné dans le disque, nous expliquait Dan Lévy avant le concert. Je viens du studio et j’ai beaucoup de mal à admettre les trucs bancals (…) Avant, on acceptait beaucoup. Mais l’improvisation est ailleurs, elle est dans l’émotion, c’est-à-dire dans la façon dont un morceau joué de la même manière peut nous amener, les gens et nous, dans une émotion différente chaque soir ».

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Le paradoxe veut que c’est justement un manque d’émotion que l’on ressent lors de la première demi-heure de concert. On observe et apprécie les titres sans réellement les vivre. Le duo, en tenue de scène (improbable combinaison rouge fluo pour elle, costard à la Don Miami Vice Johnson pour lui) est accompagné de deux musiciens tandis que les machines ont pris le pouvoir (batteries électroniques, claviers… de temps en temps une basse ou une guitare). C’est parfaitement exécuté, le son est clair, les mélodies distinctes, la scénographie intéressante (çà et là un rayon laser bleu sous les floches accrochées au plafond)… Mais on a un peu l’impression de se trouver à un showcase de présentation d’album plutôt qu’à un véritable concert.

La sauce prendra en milieu de set, avec « Opposite Ways » et « Anita No! ». Le son paraît alors plus ample, la mécanique tourne et Olivia Merilahti est plus relâchée. Le single « Despair, Hangover & Ecstacy » terminera le set de belle manière avant un (premier) rappel, d’abord en duo, puis en groupe pour l’attendu « On My Shoulders ». Après quoi… La chanteuse se pare d’un masque de crocodile, les choses se décantent vraiment, le groupe salue… Puis s’offre un deuxième rappel.

Conclusion? Olivia Merilahti, avant le concert: « On a monté cette tournée avec plus d’intentions. Avec cet album, on voulait viser un truc précis, resserrer les choses, être moins spontané qu’avant, moins éparpillé. On a une vision du show et on sait où on veut l’amener. Pour l’instant, on est à une marge de 50% ».

Voilà. Mention « Bien », donc, avec ce sentiment que la mécanique est encore en rodage. A suivre.

DIDIER ZACHARIE

Journaliste lesoir.be

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