La Muerte, métal & gazoline

Frontstage - La Muerte - 1

Trente ans après leur apparition sur le circuit, vingt et un après leur sortie de piste préméditée, les Bruxellois sont revenus dans le parcours. Regonflés à bloc…

Il y en a eu quelques-uns ces dernières années, des « concerts du retour ». Stone Roses et Slowdive par-ci, Starflam par-là… Du genre de ceux que les fans de la première heure ne rateraient pour rien au monde. Et des fans de la première heure, l’Ancienne Belgique en est pas mal pleine, ce samedi soir pour accueillir les revenants de La Muerte. Parmi eux, ô surprise, quelques « gamins » dont la biologie indique clairement qu’ils n’ont pu voir le groupe à l’œuvre « à l’époque ».

Le sold out, ce sera pour une autre fois. Pas grave, dans cette AB pas totalement comble, dans la salle comme sur scène où la moitié du mur d’amplis est couverte de bougies et de bâtonnets d’encens, on est là pour se faire plaisir et faire plaisir. Dans son blouson rouge du plus bel effet, Dee-J a d’ailleurs quelques gestes en direction du cœur qui en disent plus long que n’importe quel commentaire.

Frontstage - La Muerte - 2

Morceau de sac de jute sur la tête en guise de cagoule (il en portera une jusqu’au terme des 90 minutes de concert), Marc Du Marais met ses cordes vocales à rude épreuve, grondements et hurlements dans les graves… En interview, il évoquait les « nouveaux arrangements » et le « nouveau son » : tout est clairement et puissamment là, d’emblée, quand on entend à l’œuvre le trio basse/seconde guitare/batterie, les deux premiers (Tino de Martino et Michel Kirby) assurant au passage leur part de show à l’avant-scène.

Cette mécanique nouvellement huilée se fout même du minime souci technique qui retarde « Écoute cette prière ». « Shoot in your back » est puissant et vicelard. « Couteau dans l’eau » a un petit quelque chose d’un rouleau compresseur.

It’s only rock’n’roll, baby ! Au rappel, La Muerte remonte sur scène accompagné d’un impressionnant moteur V8, mais livre d’abord « L’essence des chocs », joliment bluesy avec, au clavier,  Sandra Hagenaar de Fifty Foot Combo (qui assurait l’ouverture de la soirée), puis s’embarque dans un « Kustom kar kompetition » d’enfer, agrémenté par le rugissement caractéristique du moteur susmentionné. Et des dégagements odorants qui vont avec… Le groupe est passé maître dans l’art de signer des reprises particulièrement gratinées : l’incontournable « Wild thing », atomisé pour l’occasion, vient boucler cette heure et demi qui a plus d’une fois fait l’effet d’une locomotive prise en pleine poitrine.

Frontstage - La Muerte - 3

Cet été, La Muerte jouera à Dour, sur une scène dont le nom ne dépareillera en rien ce retour aux affaires : la Cannibal Stage…

 

Didier Stiers
(Photos : Mathieu Golinvaux)

 

Et pour les absent(e)s… la totalité du concert !

Didier Stiers

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