Calexico: «La musique doit rester un pont entre les cultures»

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« Edge of sun » est le nouvel album de Calexico. Un album qui respire les grands espaces et que le groupe défendra à l’AB ce lundi 27 avril
Berlin, mercredi 11 février 2015. Dans cette petite cour d’un immeuble de Kreuzberg, Joey Burns et John Convertino terminent leur marathon promotionnel plus de deux mois avant la sortie de Edge of sun (voir ci-contre), le successeur d’Algiers (2012). C’est ici même que se trouve le quartier général de City Slang, le label créé en 1990 par Christoph Ellinghaus pour sortir l’album des Flaming Lips A priest driven ambulance (with silver sunshine stares) et fidèle maison de disques des Américains depuis quasi vingt ans.

Sur le coup de 14 heures, Joey Burns (chanteur et multi-instrumentiste) est en communication par Skype avec ses jumelles âgées de quatre ans. John Convertino, affable et flegmatique batteur, nous offre un café tout en nous invitant à le suivre dans une salle de réunion. Joey nous rejoindra en cours de conversation.

A la première écoute de ce nouvel album, on a le sentiment qu’il cristallise les vingt années du groupe. Quel est votre regard sur ce « Edge of sun », qui sonne comme un disque classique, au sens noble du terme, de Calexico ?

John Convertino Je commence à avoir une idée précise de ce que nous avons fait lorsque nous commençons à enchaîner les interviews. Beaucoup de choses à propos de Edge of sun me rappellent Feast of wire. Notamment sur des morceaux instrumentaux, mais surtout sur des compositions articulées autour de sonorités électroniques assez bizarres. Algiers, notre précédent disque, avait une thématique sonore cohérente. Pour celui-ci, c’est surtout autour des textes qu’il a cette homogénéité. Par contre, musicalement, c’est beaucoup plus varié.

En fait, vous avez pratiquement entamé l’écriture de ce nouveau disque dans la foulée de la fin de votre précédente tournée. Pour conserver l’urgence ?

J.C. Ma femme a eu un nouveau travail à El Paso, qui n’est pas loin de Tucson. Nous avons donc quitté cette petite ville de Kenton, pas loin de Cleveland, pour revenir à la maison, en quelque sorte. Quand nous avons commencé l’album, c’était un peu la foire au niveau de mon organisation parce que j’étais à cheval entre l’Ohio et le Texas, mais c’est vrai que nous n’avions pas envie d’attendre trop longtemps avant de retourner au moulin.

Joey Burns On s’est offert une petite tournée l’été dernier en Europe, nous avons même enregistré à Athènes. On adore l’Europe, vous le savez, ces différences avec le Nord et le Sud, etc. Je sais que beaucoup de groupes américains n’aiment pas venir en Europe parce qu’ils ont peur de ne pas trouver leur nourriture préférée. Nous savourons de plus en plus l’instant présent. La musique doit rester un pont entre les différentes cultures. C’est important de continuer à discuter, à échanger des points de vue à travers Calexico.

Joey, bien que vos textes ne soient pas politiques comme ceux de Bob Dylan ou de Marvin Gaye, par exemple, ils restent ancrés dans une certaine réalité sans pour autant être un donneur de leçons. C’est important de garder cette hauteur ?

J.B. Je ne veux pas prendre position publiquement parce que je ne pense pas que ce soit mon rôle d’artiste mais c’est mon point de vue. Je préfère l’humain, les sentiments, quelque chose d’intime. Quand on me demande si « Bullets & rocks » ou « Beneath the city of dreams » évoquent l’immigration, j’essaie de rester concentré autour de l’histoire et ce qu’elle raconte mais bien sûr que le texte y fait allusion.

Propos recueillis à Berlin par

PHILIPPE MANCHE

Notre critique * * + l’écoute intégrale sur Deezer


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