Eicher et ses automates à Bourges

12-1E-EICHER

Dimanche soir, la trente-neuvième édition du Printemps de Bourges présentait Balthazar, Stephan Eicher et Arthur H.

BOURGES
DE NOTRE ENVOYE SPECIAL

Un festival de grenouilles et d’escargots. C’est ainsi qu’Arthur H a défini ce Printemps de Bourges une nouvelle fois très pluvieux. Le fils de Jacques Higelin, dans son habit de lumière doré qu’il troque vite contre une veste clignotante, connaît bien le festival berrichon et n’a d’ailleurs pas hésité à rendre hommage à sa mère qui fut liée à sa fondation il y a bientôt 40 ans. Son show très visuel fut cependant beaucoup trop court, c’est ça aussi le défaut des festivals.

Le précédait sur la scène du palais d’Auron le Suisse Stephan Eicher qui nous revient avec un tout nouveau spectacle très original. Celui que l’on a découvert en Belgique en 1986 (au festival liégeois Rencontres du Treizième Type, en plein mundial mexicain) s’est fait connaître seul sur scène avec ses machines. Le revoici seul être humain, non pas avec quelques boîtes à rythmes ou synthés mais carrément avec un orchestre d’automates. « L’idée de cet orchestrion m’est venue après la vision du film The Sound of Belgium, nous a-t-il avoué. Je savais que la Belgique était le berceau de la dance. On y parle de cette usine anversoise, Decap, spécialisée en instruments de musique mécaniques. Du coup, je l’ai visitée. »

C’est ainsi que Stephan, aujourd’hui, se retrouve entouré d’étranges instruments illuminés (orgue, ondes de Nikola Tesla, xylophone, batterie, basse, piano…) qu’il dirige en vrai chef d’orchestre de la main et du pied. « Je travaille avec un programme de DJ et des boucles synchronisées mais tout est mécanique, joué par les automates. Je triche un peu, car c’est de la magie et j’improvise aussi. »

Le répertoire du guitariste s’essayant au piano pour changer puise dans l’ensemble de son catalogue car « le public a toujours raison » et ce sont donc ses chansons les plus connues que Stephan reprend entre deux inédits (comme « Prisonnière » toujours écrit pas Philippe Djian). Techniquement, cela demande énormément de concentration (les ratés ne peuvent être évités) mais Stephan parvient à humaniser tout cela en parlant plus que d’habitude, racontant des histoires et démystifiant la machinerie qui l’entoure. En se retournant sur son passé, Stephan forge l’avenir avec une modernité de ton et une réflexion sur la place de l’homme dans la société à l’heure d’internet et des réseaux sociaux.

Balthazar au théâtre

A ce jour, Thin Walls est bien le meilleur album livré en 2015 par un groupe belge. Les Courtraisiens de Balthazar, à ce titre, avaient leur place à Bourges dimanche en fin d’après-midi. Mais le lieu – le théâtre Jacques Cœur à l’italienne – a surpris le groupe guère habitué de jouer devant un public sagement assis. On n’en a que plus apprécié la beauté de mélodies qui n’ont pas besoin d’être en permanence boostées par l’énergie brute. Le quintette a beau se présenter à quatre côte à côte en bord de scène, il ne tient pas en place. Les cinq chanteurs apportent cette cohésion, cette puissance musicale, même si Patricia Vanneste, au violon et au clavier, fut plus effacée que d’habitude en raison d’un état grippal. Ceux que Le Figaro a appelé « les rois du rock belge » n’ont en tout cas pas démérité, répondant avec panache à l’excellent bouche à oreille les entourant en France et ailleurs.

THIERRY COLJON

Balthazar sera le 14 mai aux Nuits Botanique puis aux festivals Rock Werchter, Cactus, Ardentes, Ronquières, etc.


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