La Britpop en huit chansons cool

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Alors que Blur sort son nouvel album, douze ans après son dernier opus, retour sur le mouvement qui a révélé le groupe. La Britpop en huit chansons.

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Suede, « Animal Nitrate » (1993)
Face à l’invasion grunge, c’est sur Suede que la presse branchée de Sa Majesté va d’abord jeter ses espoirs. Le troisième single des Londoniens, sorti en février 1993, va mettre le feu aux poudres et lancer le mouvement de reconquête Britpop. Brett Anderson, pourtant, joue plutôt la carte Bowie que nationaliste: « Je suis un bisexuel qui n’a jamais eu d’expérience homosexuelle ».

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Blur, « Parklife » (1994)
A l’époque, le meilleur ennemi à la cause commune, c’est Damon Albarn, qui lance la deuxième charge au printemps 1994 avec le troisième album de Blur, Parklife, ode à Londres et à un style de vie so british fantasmé façon Kinks. Le titre éponyme, narré par l’acteur Phil Daniels d’un accent cockney à couper au couteau aiguisé, relate une journée comme une autre à ne rien faire sinon nourrir les pigeons dans le parc: « I get up when I want, except on Wednesday when I get rudely awakened by the dustmen ».

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Elastica, « Connection » (1994)
Evidemment, dans l’affaire, il y avait une histoire de femmes… Elle s’appelle Justin Frischmann. Elle jouait dans Suede eet sortait avec son chanteur Brett Anderson avant de passer à l’ennemi, dans les bras de Damon Albarn. Elle en profite pour former son groupe, Elastica. Un groupe de filles (sauf le batteur). Et en quelques singles, elles secouent le Royaume, sont même en passe de percer aux Etats-Unis. Et puis, non… Elastica, c’est aussi le revers de la médaille, le reflet de la gloriole trop rapide et l’arrivée des drogues dures qui en ont emporté plus d’un.

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Oasis, « Cigarettes and Alcohol » (1994)

… Et puis, quand les Gallagher ont débarqué de Manchester, les choses ont pris des proportions insoupçonnées. La classe ouvrière, délaissée par quinze années de pouvoir conservateur, avait enfin de nouveau une voix. En deux phrases, toute leur vie était résumée: « Is it my imaginatiiiion/ Or have I finally found something worth living for?/ I was lookin’ for some actiiiiion/ But all I found were cigarettes and alcohol ».

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Pulp, « Common People » (1995)
S’il faut ne garder qu’une chanson, ce sera celle-ci. Quinze ans que Jarvis Cocker traînait ses guêtres du côté de Sheffield, cherchant la formule magique, toujours en vain. Et puis la Britpop est arrivée, et Jarvis s’est révélé comme narrateur hors pair de la vie quotidienne de ses pairs. Tube de l’été 95, « Common People », comme son titre l’indique, est une ode aux gens ordinaires, une vignette de l’Angleterre post-Thatchérienne, l’humour résigné compris.

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Supergrass, « Alright » (1995)

A partir de là, c’était entrée libre. Chaque semaine, le NME mettait en couverture « le nouveau meilleur groupe du monde » choisi sur base d’un single. Le plus souvent pour le pire (Menswear, Shed Seven, Marion, Gene, quelqu’un?), et de temps en temps aussi pour le meilleur. Ainsi, les trois gamins de Supergrass, pas encore vingt ans, débarquent à l’été 95 avec « Alright », sugusse pop enjoué, insouciant et irrésistible. Supergrass, contrairement à beaucoup beaucoup beaucoup d’autres, a perduré jusqu’en 2010 tout en restant pertinent. Le dernier album solo de Gaz Coombes sorti en début d’année l’est tout autant.

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Underworld, « Born Slippy. NUXX » (1996)

La Britpop enclenche un effet « Cool Britannia ». Tout le monde est tourné vers le Royaume de Lisbeth, à tous les niveaux: musique, littérature, mode, cinéma, politique avec l’ascension de Tony Blair, sportif… A l’été 1996, l’Euro de foot se déroule en Angleterre et marque le retour du sport roi chez ses pères, dix ans après le drame du Heysel et le bannissement des clubs anglais de la scène européenne qui a suivi. Au même moment, le film Trainspotting, portrait de la jeunesse post-Thatchérienne qui se réfugie dans le smack, cartonne un peu partout. Sa bande-son aussi, qui traverse vingt ans de musique populaire en Grande-Bretagne. Le titre d’Underworld qui en est extrait est techno, mais il s’insère parfaitement dans le mouvement enclenché par la Britpop et décrit les mêmes réalités que « Cigarettes & Alcohol » ou « Common People ». Avec moins de mots: « Shouting Lager Lager Lager Lager… »

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The Verve, « Bitter Sweet Symphony » (1997)

Eux étaient là dès le début, mais ont failli tout manquer à force de se déchirer. Séparés en 1995 après leur sous-estimé deuxième album A Northern Soul, The Verve reviennent à l’été 1997 avec « Bitter Sweet Symphony », ritournelle pop construite autour de la version symphonique d’une vieille chanson des Stones, « The Last Time ». Accord tacite entre les deux parties. Et puis, contre toute attente, la chanson devient un tube, celui qui marque la fin de l’ère britpop. Quelques semaines plus tôt, Tony Blair était élu Premier ministre. Le Thatcherisme se terminait enfin, tandis qu’Oasis & co étaient récupérés par les Travaillistes… De leur côté, les Stones récupéraient l’argent des royalties de la chanson.

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Et aujourd’hui? Selon les mots de Noel Gallagher, c’est simple, « il n’y a pas un seul grand groupe qui est sorti de ce pays depuis dix ans. La classe ouvrière n’a plus de voix ».

DIDIER ZACHARIE

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Journaliste lesoir.be

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