Yael, Hindi et Camélia, les nouvelles prêtresses

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Avec le beau temps nous sont revenues dans le Berry trois belles chanteuses qui, chacune à leur façon, prennent des allures de grandes prêtresses de la chanson.

Yael Naim, qui vient de publier l’album Older célébrant les dix ans de sa collaboration avec David Donatien (et la naissance de leur enfant), ouvrait lundi pour Asaf Avidan et Hubert-Félix Thiéfaine, dans le chapiteau de 6.000 places. Si la vie l’a changée, la chanteuse et pianiste tient à le faire savoir. Flanquée des 3SomeSisters aux chœurs, Yael trône au centre de la scène, sur une estrade, pour livrer son nouveau monde qui n’en oublie pas pour autant la reprise du « Toxic » de Britney Spears ou du fameux « New Soul » qui l’a révélée. L’accent gospel de l’album se traduit par des arrangements subtils qui n’ont pas trop leur place en festival, devant un public distrait, mais iront mieux dans les théâtres plus propices aux épanchements intérieurs. En solo piano, Yael rappelle qu’elle n’a pas besoin de chœurs pour émouvoir même si ceux-ci apportent une dimension harmonique convaincante.

Au même moment, à quelques pas de là, au plus intimiste Théâtre Jacques Cœur, la Franco-Marocaine Hindi Zahra sacre son retour sur scène, consécutif à la sortie de Homeland, son nouvel album. On y retrouve tout ce qui fait le charme de cette chanteuse recherchant en permanence l’état de transe sans frontières. C’est encore plus flagrant sur scène où, entourée de six musiciens, elle se laisse porter par la musique pour un final très dansant qui ne suffit malgré tout pas à faire lever le public du parterre. Sous le chapiteau des Nuits Botanique, cela ne posera pas de problèmes et devra davantage satisfaire une chanteuse très sensible aux vibrations humaines.

Lui succédait dans cette même salle, la délicieuse Camélia Jordana qui, avec deux albums à son actif et toujours le grand Babx jamais très loin, poursuit une route originale bien éloignée des plateaux télé. Véritable tragédienne tout de noir vêtue, Camélia Jordana impose son propre univers fait de bribes de poésie récitée, d’arrangements audacieux tordant ses mélodies pour en sortir toute la gravité et les ambiances lunaires. La légèreté, le sourire et même quelques beats n’apparaîtront qu’au fil d’un concert exigeant, fort et raffiné. On est bien loin ici des Shy’m et Tal, de cette variété facile, finalement bien plus indigeste. Et quand elle termine son set a cappella par « Que sera sera » de Doris Day, prise par l’émotion, on est plus d’un à vouloir prendre dans ses bras la Bruxelloise d’adoption qui, ici à Bourges, ne s’est pas ménagée. Après un set acoustique à la Fnac lundi, Camélia Jordana rejoint ce mardi Hindi Zahra et Yael Naim pour la création « Autour de Nina » dont nous vous parlerons pas plus tard que demain matin.

THIERRY COLJON, ENVOYE SPECIAL A BOURGES
PHOTO LE BERRY REPUBLICAIN.

Camélia Jordana sera à l’Inc’Rock Festival d’Incourt ce 2 mai et aux Aralunaires d’Arlon ce 3 mai.
Hindi Zahra sera aux Nuits Botanique ce 14 mai.
Yael Naim sera à l’Orangerie du Botanique le 4 juin.


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