Bon annif, 62TV !

Bruxelles, 12/05/15, Nuits Botaniques. Paon. Photo: Sylvain Piraux pour LESOIR

Six groupes à voir et à entendre entre Rotonde et Grand Salon, le temps d’une soirée sans chichis mais avec bon esprit : c’était bien, les 20 ans du label bruxellois !

C’est aux Ostendais d’Alpha Whale qu’il revient d’ouvrir la fête. A l’aise, les Côtiers qui ont accosté au Bota avec un premier album tout neuf. A la cool, même. La voix, un rien flemmarde, ne se détache pas outre mesure des instrus : avec la réverbe, c’est parfaitement psychédélique. D’un psychédélisme qui se teinte de quelques accents, notamment surf et 2Tone (« Why would you wanna stay »). Le groupe est pile dans l’esprit du jour : pas de prise de tête pour ces jeunes gens, qu’on ne qualifiera pas de branleurs pour autant !

Frontstage - Alpha Whale

Les garçons de Paon ont, eux, sorti de quoi impressionner : un grand écran pour les amoureux des tortues marines et les amateurs de danses russes, mais surtout une chorale de sept demoiselles. Rencontrées aux Aralunaires, expliquent-ils, et avec lesquelles leurs chansons pop aux mélodies travaillées, tour à tour plus sexy ou indie, ont pris de telles couleurs qu’il était indispensable de les avoir à leurs côtés aux Nuits. Et ça le fait !

Une fête bien faite est une fête où chacun trouve son compte. A la Rotonde, on change donc de ton avec Mad Dog Loose, les « ancêtres » du catalogue 62TV. Apparu au milieu des années 90 avec l’album Material sunset, le quatuor en tant que tel s’était ensuite évanoui dans la nature, pour enfin revenir il y a peu mais sous la forme d’un trio. Sont donc toujours là, assis en ligne : Armand Bourgoignie (basse), Alain Allaeys (voix, guitare) et Bernard Plouvier (batterie, violon). Le second album, Signs from the lighthouse a été enregistré du côté de Liège en deux temps trois mouvements. Sur scène, s’ils rappellent bien sûr par moments l’Anvers bouillonnante de l’époque, leur rock marqué ici et là par la touche distincte du violon vire de temps à autres plus bluesy, ailleurs un peu folk. « Make my day », chantent-ils, la voix un peu sur le fil. Pour nous, c’est fait !

Frontstage - MDL

Les ballons colorés et la touche sucrée de ce gâteau d’anniversaire, c’est l’affaire d’Italian Boyfriend. Une fille et trois garçons (dont César Laloux de BRNS au chant et percus), ça laisse pas mal de place aux harmonies vocales. Alors ils ne s’en privent pas et terminent avec un inédit, « A girl like you » ( ?), toujours pop mais cette fois vraiment tout doux.

Frontstage - Italian Boyfriend

Retour à la Rotonde, où Mujeres ne tarde pas à mettre en route son manège infernal, duquel il est difficile de descendre une fois qu’il se met à tourner. Les Espagnols jouent pied au plancher pendant 40 minutes (quelle santé, ce batteur !) et le moins qu’on puisse dire, c’est que leur garage rock tout en riffs mémorables est le parfait antidote contre l’arthrose qui menace. Le nouvel album, Marathon, semblait un peu plus posé, mais rien de tout cela ici ! Sourire en prime : quand Pol le bassiste dédie un titre à ses trois t-shirts favoris… disparus lors d’une précédente visite à Bruxelles.

A propos de manège qui tourne, c’est vrai que l’orgue dont s’accompagne Spagguetta Orghasmmond semble avoir été récupéré dans un dépôt de TF1 ! Le Grand Salon étant toujours boissons non grata, c’est peut-être la raison pour laquelle le duo nous offre une prestation moins déglinguée que celle d’il y a quelques mois à la Maison des Musiques. Cela dit, ça reste un grand foutoir karaoké/happening déconseillé aux zygomatiques fragiles… Allez, bon annif, 62TV !

Didier Stiers
(Photos Paon, Alpha Whale & Italian Boyfriend : Sylvain Piraux)

 

 

Didier Stiers

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