De la musique pour les robots

Werchter, 4/07/08, Patrick Watson. photo: Sylvain Piraux (pour Le Soir)

C’est de science et de SF que s’est nourri Patrick Watson, à l’heure de penser à un nouvel album.Originaire de Montréal, le Canadien a fait ses premières armes dans un groupe de ska, avant d’entamer une carrière solo et d’enregistrer une première plaque (Waterproof9). Mais celui auquel on prête des influences de Nick Drake aux premiers Pink Floyd en passant par Jeff Buckley, la musique classique, Satie ou Björk, s’est vite embarqué dans la vie en groupe. Un groupe qui porte son nom, riche de cinq albums, dont le dernier en date, Love song for robots, a vu le jour cette année.

A propos de ce passage au «band», il explique (www.musicomh.com): «Il y a quelques années, on nous a demandé d’écrire de la musique pour accompagner un livre de photos. Un CD a vu le jour, et puis nous nous sommes dit que ce serait chouette de jouer cette musique sur scène, ça a marché, et le public en est devenu dingue. Nous ne pensions pas devenir un groupe à ce stade, mais après une période de cinq ou six ans, changer de nom est devenu très difficile. Il était difficile d’en trouver un qui nous corresponde, dans la mesure où nous jouions une musique particulièrement éclectique.»

Toujours dans la même interview, notre homme insiste sur la distinction… «Il est aussi important que les gens sachent qu’il ne s’agit pas du projet d’un auteur-compositeur. Nous en sommes probablement à l’opposé. Le groupe n’a pas cette vibe. Quand les gens entendent nos chansons, c’est peut-être ce qu’ils pensent, mais ce n’est vraiment pas ce que nous sommes. Nous sommes tous des musiciens, nous avons tous pris des cours, et quand nous étions jeunes, nous allions toujours voir des groupes à la durée de vie limitée. Ce qui fait que nous avions peur de nous présenter comme un groupe, dans la mesure où nous voulions vivre une carrière musicale pour le reste de notre existence.»

Cette carrière, ils y sont non seulement bien engagés, mais aujourd’hui elle ne passe plus totalement inaperçue… L’esprit éclectique est resté. A propos du titre de ce nouvel album, par exemple, que Patrick Watson (l’homme, pas le groupe) annonçait il y a quelques mois comme très inspiré par la science-fiction (www.enola.be): «Je ne suis pas le genre d’artiste à faire de grandes déclarations ou à envoyer des messages très profonds. La science-fiction et la science ont été mes sources d’inspiration les plus importantes, au moment d’écrire ces morceaux. Et plus particulièrement la manière dont la science et la technologie envisagent l’humanité.<UN>» L’artiste pense que ce titre, Love songs for robots, le résume bien: «Il y a comme une tension qui s’est progressivement installée entre l’homme et la technique. En écrivant, je pensais aussi à la manière dont les émotions sont la plupart du temps réduites à des processus mécaniques.» Les mathématiques ont également compté: «Tout le monde pense qu’elles constituent une manière froide et abstraite de décrire l’univers. Pourquoi pas l’inverse? Et si les mathématiques étaient un monde fantastique où l’on est à même de décrire formidablement l’univers? Les mathématiques sont vraisemblablement la version la plus élémentaire de la nature. D’une manière ou d’une autre, c’est la langue de l’univers. Si vous considérez les choses sous cet angle, cela changera votre manière de voir.» Et de poursuivre en expliquant que ce sont ces idées qui l’ont mené à ce nouvel album. «C’est ainsi que j’ai démarré. Et puis… life happens!»

“Love songs for robots” : notre critique * * * et l’écoute intégrale sur Deezer.

En concert dimanche 17 mai au Cirque royal dans le cadre des Nuits Botanique. Avec Villagers et Jesse Mac Cormack. www.botanique.be

Didier Stiers


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