Dominique A élargit l’horizon des Nuits



On est, mercredi, à mi-parcours des Nuits et jusqu’ici, on peut dire que le festival bruxellois a bénéficié d’une météo idyllique incitant le public à traîner sur les escaliers en pierre du jardin botanique. Le public est présent aux rendez-vous, bien destiné à faire des découvertes. Il en va de même au Cirque royal avec les deux premières parties de chaque tête d’affiche.

Pour Dominique A, la salle de la rue de l’Enseignement est bien remplie même si ce n’est pas complet. N’empêche, pour le Nantais, il s’agit là de sa plus belle jauge. Même s’il ne touche toujours pas le grand public de la variété – ce qui est incompréhensible vu que ses chansons sont TOUTES aisément accessibles – Dominique s’est gagné au fil des ans un important public de fidèles.

Il était précédé d’abord de Laetitia Shériff en version power-trio. Cela fait longtemps que la bassiste gauchère ne s’était plus produite en Belgique et visiblement cela n’a fait que décupler sa rage électrique. Il suffirait de peu, d’une seule grande chanson peut-être pour rendre justice à l’ensemble d’un répertoire qui avait fort belle allure mercredi. On peut en dire autant de Joy qui ne cesse de se renouveler. Fini le violoncelle. Marc Huyghens nous revient en trio avec Françoise Vidick aux percussions et au chant et Katel au chant, à la guitare et à la basse. Cela fonctionne, avec des mélodies sinueuses soutenues par un chant sépulcral, des rythmes lourds et des éclairs de guitares illuminées. Mais là aussi, comme pour Shériff, il manque l’une ou l’autre chanson éblouissante qui récompenserait tout ce travail, un «Beautiful Days» ou un «She’s So Disco» qui apporterait à Joy la reconnaissance méritée dont avait joui Venus.

Dominique A nous l’avait annoncé: pas de cordes cette fois-ci mais un band resserré autour d’un trio: le fidèle Sacha Toorop à la batterie, Jeff Halam à la basse et Boris Boublil aux claviers et à la guitare. Bordé de lampes flambeaux, sous une couronne lumineuse, le groupe est comme sur un ring circulaire, soudé, compact. Le son est une brume électrique que perce la voix aérienne de Dominique, capitaine au long cours d’un bateau ivre de lumière. Il égrène les perles de Éléor comme un chapelet de pépites, glissant par-ci par-là des anciennes chansons pas nécessairement les plus connues. «Immortels», confession impossible comme il dit, «Le sens», «Les retrouvailles» (qui n’est pas une reprise de Marc Aryan, tient-il à préciser celui qui avoue l’avoir écouté dans le tour bus), «Marina Tsvétaeva», «Le convoi»… Autant de grands moments qui trouvent leur conclusion parfaite avec «L’horizon» et «Oklahoma, 1932». Oui, une Nuit parfaite!

THIERRY COLJON
PHOTO PIERRE-YVES THIENPONT


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