Le jour des hommes seuls

Frontstage - Jess 2

La France a du talent ! Si ! Mercredi aux Nuits, ce n’est pas une championne du cri de la carpe ou un danseur de break octogénaire qui ont convaincu. Avec Rone et Jessica93, c’est plutôt du côté du rock et de l’électronique que nous en avons été chercher les témoins.

Jessica93, c’est Geoff Laporte dans le civil. De Bondy, Seine-Saint-Denis. Un garçon qui ne s’envoyait que du rap, jusqu’au jour où il a entendu « In bloom » de Nirvana. Et qu’il en a fait le mode d’emploi (sic) de ce qu’il est devenu – musicalement parlant – par la suite. Sur disque, comme ce Rise sorti en novembre (merci Music Fear Satan/Teenage Menopause Records), il nous ressuscite notamment un pan de la new wave, disons dans sa variante cold.

En live, ces réminiscences s’effacent vite, le « one man band » (aussi à Dour, ce 18 juillet) emprunte plus d’une fois des virages noise et shoegaze. Dans une Rotonde pleine, Laporte empoigne sa guitare, crée une boucle, pose l’instrument et joue de sa basse. Sur un autre titre, c’est l’inverse : boucle de basse, jeu de guitare, pédales d’effets… Et la batterie ? Une boîte à rythmes ! Un peu copine de Doktor Avalanche, son équivalente chez les Sisters. Le dernier riff expire quarante-cinq minutes plus tard : on a eu le temps de s’immerger quelques fois, mais aussi de se rendre compte des limites d’une « formule » qui, ce soir en tout cas, a semblé un brin répétitive.

Frontstage - Jessica 1

A propos d’immersion… Au Chapiteau transformé en aquarium, elle est totale quand Rone s’installe à sa table, derrière ses machines, son ordi et son thérémine. Le constat est à chaque fois le même : dans son genre, Erwan Castex allie classe et talent. S’il sait comment faire bouger un public, il n’y sacrifie pas pour autant la richesse et l’inventivité de ses compos. Certes, le set de ce mercredi est plus « carré » que son dernier album en date (Creatures, qui fourmille de guests et, donc, d’expériences). Mais ce fils spirituel de Laurent Garnier n’est pas du genre à asséner du beat comme un forcené ou à jouer avec les breaks comme un bourrin. Même quand le son devient franchement techno, on y perçoit encore bien des choses : mélancolie, évanescence, envie de raconter une histoire… Addictif !

Didier Stiers

 

Didier Stiers

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