B.B. King, le blues boy devenu roi

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Le géant du blues est décédé à 89 ans. Le plus honoré des musiciens noirs était un grand guitariste. Il fut un des rares artistes à avoir un musée de son vivant.

L’histoire de Riley B. King, né à Itta Bena, dans une plantation de coton du Mississippi, le 16 septembre 1925, est de celle dont raffolent les Américains. Un gamin pauvre parti de rien pour arriver au sommet de son art à la seule force de son travail et de son talent. Il a 4 ans quand sa mère quitte son père pour un autre homme. C’est sa grand-mère maternelle qui l’élève à Kilmichael où très tôt le petit Riley chante à l’église. Il conduit un tracteur et travaille dans les champs de coton avant de monter à Memphis, Tennessee, où il parvient à se faire remarquer par une radio locale. Sa guitare est son gagne-pain. Il la baptisera Lucille, du prénom d’une femme se disputant avec son mari dans un club de l’Arkansas. Ce soir-là, un incendie se déclare, Riley se sauve, oubliant sa guitare. Il retourne dans le club en feu et parvient à sauver sa guitare qu’il rebaptise Lucille… qui lui a porté chance.

Au début des années 50, sa réputation de chanteur et guitariste de blues commence à grandir dans les clubs de Memphis. Fin 1951, il signe son premier contrat de disques et « You Know I Love You » et « Blind Love » le font connaître des hit-parades. Au milieu des années 50, il est le bluesman noir le plus populaire. Il devra cependant attendre les années 60 et l’admiration des musiciens blancs anglais (d’Eric Clapton aux Rolling Stones en passant par Jimmy Page) pour être reconnu dans le monde entier. B.B. (pour blues boy) devient une star et multiplie les tournées mondiales avant d’aligner les récompenses officielles remises par les présidents américains successifs et autres Grammy Awards dont il collectionnera seize statuettes.

Dans les années 80, ce sera au tour de U2 de doper sa popularité auprès des jeunes, avec le titre « When Love Comes To Town ». B.B. adore se frotter au talent de ses collègues et Eric Clapton, Gary Moore ou Robert Cray seront bien heureux d’enregistrer avec lui.

En 2012, on visitait à Indianola, une ville proche de son village natal, dans le Mississippi, le B.B. King Museum and Delta Interpretive Center
. Un gigantesque musée entièrement dédié à sa vie et son œuvre. Il y a peu de musiciens qui peuvent ainsi se vanter d’avoir eu de leur vivant un tel honneur. Mais B.B. King était un être d’exception. Il a fait autant pour le blues que Muddy Waters. « The Thrill Is Gone » restera son titre le plus célèbre. Souffrant de diabète, il est décédé à Las Vegas ce 14 mai. Il avait 89 ans.

THIERRY COLJON

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