Le Decap, c’est fort de café !

Frontstage - Mochélan

Aux Nuits, il faut parfois affronter l’une ou l’autre annulation. Mais entre rap de Charlyking et orgue d’antan, « on sait là-contre ».

Il n’est plus exactement une « promesse » de la scène rap belge, Mochélan. Devenu Mochélan Zoku avec la sortie de son deuxième album, Image à la pluie. Plus une promesse, mais il y incarne quelque chose d’assez unique, entre sa présence sur scène, son phrasé clair et précis, son flow jamais en défaut d’énergie, et cette poésie de la vie de tous les jours où la description est aussi soignée que le choix du vocabulaire. Et quand le Carolo, entre « La fin de l’histoire » et « On reste actif », se fait plus cru pour causer de sa ville, le sourire et l’humour aident la pilule à passer. Verdict : oui, « Le taf est fait » !

Pomrad ? Deux titres suffisent, si ça ne vous dérange pas ! Entre son guitariste et son batteur, Adriaan Van de Velde affiche pourtant un cv sérieux (piano classique, diplôme du conservatoire section jazz) et varie les styles, passant allègrement de l’electro au funk ou au r&b. N’empêche, s’il sait manifestement improviser, c’est surtout synthétique et surchargé à mort. Et vazy que je te remets une couche de son avec mon keytar, et vazy que je te rajoute encore douze effets ! Et de la talkbox, vous aimez ça la talkbox ? C’est pas rococo, coco, c’est sucré comme une overdose de meringue ! Deux morceaux donc de ce mélange qui renvoie aux 80’s tout en lorgnant vers Daft Punk et puis buiten – laissons à leurs déhanchements ceux, bien jeunes parfois, que ça fait frétiller -, direction le bar puis la terrasse, histoire d’éviter l’indigestion !

Frontstage - Pomrad

Un petit souffle cru balayant les marches du Bota, retour vers les salles, toutes accessibles ce soir pour un prix unique (14€ pour 8 groupes, pas cher !). A la Rotonde, les Recorders ont déjà entamé leur set « atmo-acoustic » (sic) intitulé Lapland skies et répété au début du mois, dans la Bibliothèque juste à côté. Un set pas dépouillé pour autant. Richement instrumenté, même, jusque dans l’harmonium jadis d’église et la trompette qui, du fond de la scène, se glisse dans l’un ou l’autre titre.

Après ces Bruxellois-là, qu’on reverra cet été à Dour, peut-être un peu plus détendus, place à d’autres kets de la capitale : Robbing Millions, remplaçant en dernière minute Theophilus London parti répondre aux cris du billet vert et de Kanye West du côté de Las Vegas. « C’est du rock psyché à la fois grandiloquent, subtil et un peu barré », disait le dépliant. Depuis les premières scènes, prometteuses mais appliquées, c’est effectivement ce que le groupe est devenu. Mais ce soir, c’est surtout « très barré », tellement les auteurs de « Dinosaur » assurent le show sur le fil du too much. Reste que la tonalité enfantine et le mélange de voix de Lucien et Gaspard donnent toujours bien. Et ne souffrent pas trop des excès du jour.

Frontstage - Robbing

Comme souvent, c’est en sortant et en croyant avoir bouclé sa soirée qu’on tombe sur la (petite) surprise bien accrocheuse. L’homme s’appelle Walter Hus, il est au Grand Salon, assis devant un piano pas beaucoup plus petit et porte une tignasse de mec qui se coiffe au C4. Mais surtout, il joue avec l’un de ces orgues Decap qui ont fait les beaux jours de la Belgique dansante et dont il est fort question dans The sound of Belgium.

Frontstage - Walter Hus

On pense avoir vu beaucoup de choses, et voilà qu’on se retrouve à scruter comme un gamin l’assemblage d’instruments, juste pour le plaisir de voir lequel fait quoi et comment au fil du morceau, le tout pendant que le compositeur belge y ajoute sa touche au clavier. Peu à peu, ça devient irrésistible : les uns tapent dans les mains, les autres se lèvent pour aller danser autour de lui, le temps du « Pop corn » de Gershon Kingsley ou d’« Universal nation » de Push (alias Dirk « Mike » Dierickx), le morceau qui sert aussi de générique final au documentaire susmentionné. Bref, la fin de soirée parfaite. Avec un hic, quand même… L’effet est tel que le lendemain, cet « Universal nation » justement trotte toujours en tête, nondidjû !

Didier Stiers

 

 

Didier Stiers

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