U2 d’hier et d’aujourd’hui à Montréal

U2

Un an jour pour jour après le concert de Stromae en ce même Centre Bell de la métropole québécoise, U2 a investi le lieu pour le quatrième et dernier concert dans cette « ville magique » comme l’a appelée Bono en français.

Dix jours que les Irlandais sont restés ici, le temps malgré tout pour Bono de faire un saut à Ottawa pour persuader le premier ministre Stephen Harper de revenir sur les coupes budgétaires concernant l’aide au développement.

Sur scène, le chanteur défend avec toujours autant de conviction ses combats au sein des organisations qu’il défend : One, Red, Amnesty International et la libération du Saoudien Raif Badawi. Rien n’a donc changé chez U2 ? Si, la scène justement. Pardon les deux scènes situées de part et d’autre de la salle comparable à notre Sportpaleis, sauf qu’on y met ici 21.000 personnes. Les deux scènes sont reliées par un immense catwalk surmonté d’un tout aussi gigantesque écran à deux faces dans lequel le groupe peut évoluer quand la structure descend pour couper la salle en deux, dans le sens de la longueur. Le son est métallique, limite agressif, avec les enceintes situées au-dessus de l’écran. Ouvrant par le récent « The Miracle (Of Joey Ramone) », U2 enchaîne tout de suite avec « Out of Control » tiré de leur premier album. Le grand écart est là. Bono évoque leurs débuts, ceux du groupe anciennement dénommé The Hype. « I Will Follow » n’est pas loin avant que Bono ne rende hommage à sa mère, disparue quand il avait 14 ans, au travers de « Iris (Hold Me Close) ». « Cedarwood Road » continue sur le même registre de souvenirs de ces petits Irlandais qui n’ont pas trop mal réussi. Irlande toujours avec « Sunday Bloody Sunday » et « Raised by Wolves » où Bono prêche paix et réconciliation, tout en réclamant justice pour tous ces oubliés, les victimes d’une guerre fratricide.

Après une heure passée à jouer avec les jeux d’écran (leur taille réelle et celle rendue par les projections), une pause laisse Johnny Cash, en dessin animé, chanter « The Wanderer ».

La deuxième partie s’ouvre par un autre jeu technologique. Après avoir dansé avec une demoiselle sur « Mysterious Ways », Bono passe un smartphone à une autre spectatrice pour qu’elle les filme durant « Elevation ». Le téléphone est relié au site internet du groupe. Du monde entier, les fans peuvent donc tweeter leurs réactions et salutations retransmises sur grand écran. On s’amuse comme on peut. On appréciera davantage le très beau moment piano-voix avec The Edge sur « Every Breaking Wave », avant ce bon vieux « Bullet the Blue Sky ». Les tubes déferlent ensuite pour le final par « Pride (In the Name of Love) », « Beautiful Day » et « With or Without You » toujours aussi efficace. En rappel, « City of Blinding Lights » propose un joli jeu de lumières avant les classiques « Where the Streets Have No Name » et « 40 » et la foule qu’éclaire Bono avec sa poursuite.

Rappelons tout de même que ceux qui ont acheté des tickets pour les deux concerts anversois, pensant qu’ils seraient différents, seront déçus. U2 propose partout et tous les soirs la même setliste à quelques différences près. Comme ils l’ont toujours fait. Le terme Innocence & Experience Tour a induit de nombreux fans en erreur et il a fallu que Bono précise la chose… même si, pour beaucoup, le mal financier était fait.

Si l’infrastructure scénique est une réelle bonne idée, on ne peut s’empêcher de ressentir comme un sentiment de gêne nostalgique pour un groupe qui a aujourd’hui tout de ceux vivant sur leur passé prestigieux. Les nouveaux titres ne peuvent que souffrir de la comparaison avec leurs illustres aînés. Le groupe, finalement, propose en 2015 ce qu’on peut attendre de lui, son rock héroïque faisant malgré tout partie du passé. Les temps ont changé. Peut-on le reprocher à cette formation qui fêtera l’an prochain ses 40 ans ? Le visuel nous a séduit mais musicalement, on a eu le plus grand mal à entendre autre chose que le travail honnête et appliqué d’un dinosaure.

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL A MONTREAL, THIERRY COLJON
Photo Kevin Mazur/Wire Image.

U2 sera les 13 et 14 octobre au Sportpaleis d’Anvers. C’est complet !

SETLIST
The Miracle (Of Joey Ramone)
Out of Control
Vertigo
I Will Follow
Iris (Hold Me Close)
Cedarwood Road
Song for Someone
Sunday Bloody Sunday
Raised by Wolves
Until the End of the World
Invisible
Even Better Than the Real Thing
Mysterious Ways
Elevation
Stuck in a Moment You Can’t Get Out Of
Every Breaking Wave
Bullet the Blue Sky
Pride (In the Name of Love)
Beautiful Day
With or Without You
City of Blinding Lights
Where the Streets Have No Name
40


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5 commentaires

  1. Derche Clausemans

    18 juin 2015 à 11 h 45 min

    Rien de neuf. Toujours le porteur de valise des labels de disques. Une plume toujours maladroite et pataude tout en se pensant élégante.

    Le Bono de la presse musicale belge sans le passé glorieux.

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