J’aime pas le rock indé

lesoir

Balthazar et alt-J, deux fleurons du rock indé international, ont ravi le public de Werchter. Eh ben, pas nous.

Balthazar a donc profité du forfait de Ben Howard pour s’octroyer la Grande Scène. Balthazar… Ces arpèges cristallins, ces compositions finement construites, ces ambitions des grands espaces, ces mélodies imparables. Des génies ! C’est écrit partout, non ? Que des éloges ! T’façon, les gars jouent à Glastonbury, ils sont forcément au-dessus de la masse. Mais pourquoi ils chantent en forçant comme ça un accent californien, hein ? Courtrai, ça ressemble pas à la Californie, que j’sache. D’ailleurs, si la Flandre ressemble à une région du monde, c’est plutôt à la Wallonie… Alors pourquoi qu’ils jouent aux Américains comme ça, Balthazar, la guitare sèche portée en bandoulière sur l’extérieur pareil que Johnny Cash, les lunettes de soleil quand le temps est couvert, la mèche à la James Dean, et cet accent traînant identique chez les deux chanteurs « Ain’t it cool in Venice Beaaaach, yeah… » ?

On n’ira pas jusqu’à dire que ça ressemble à une parodie d’Arctic Monkeys version US. En soi, les chansons sont pas mal troussées, mais ça manquerait-y pas un chouïa de personnalité, cette affaire ? Il y a un ou deux ans, The Guardian parlait de la scène rock belge comme ayant « toujours eu plus à offrir que de pâles copies du rock américain dans le genre de dEUS et K’s Choice ». Ce sont les Anglais qui le disent. Nous, on ajoutera juste Balthazar à la liste.

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Si l’Enfer existe, il doit ressembler au concert d’alt-J dans la (quasi)-salle The Barn à Werchter. Blindé de chez blindé, le lieu ne laissait apercevoir que sa propre mort par suffocation. Si pas par ennui. Tout de même, pourquoi tant d’amour pour un groupe qui, sur scène, joue comme des fonctionnaires de la poste?

Le problème d’alt-J, comme de nombreux groupes récents, c’est que ce sont des geeks. Et les geeks, ils sont drôles, ils sont talentueux, ils sont intelligents, ils sont tout ce que vous voulez, mais faut pas déconner, ils ne sont pas et ne seront jamais excitants ! Les gars d’alt-J sur scène, pour dire, ils sont aussi expressifs que Kraftwerk, on dirait une réunion software dernier cri (le pendant geek de la réunion tupperware…). Alors oui, le groupe a un vrai son bien à lui, ainsi que quelques (très) bonnes chansons (la plupart du premier album), mais ça s’arrête à peu près là. Et avec ça, la tendance chorale solennelle du deuxième album, la main sur le coeur et paix dans le monde, laisse envisager une évolution inversement proportionnelle à la courbe du chômage en France…

C’est pas gagné.

DIDIER ZACHARIE
Photos THOMAS BLAIRON

Journaliste lesoir.be

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3 commentaires

  1. Superblomkvist

    26 juin 2015 à 23 h 05 min

    Bah mieux vaut lire ce genre de connerie que d’être aveugle et sourd, pas vrai ?

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