A la fin, il ne peut en rester qu’un !

Frontstage - Muse 1

Il y a tête d’affiche et tête d’affiche. Qu’on aime ou non Muse, sa musique et ses concepts, l’honnêteté commande de dire qu’à Werchter cette année, le groupe de Matthew Bellamy était « ze » headliner indiscutable.

« Supermassive black hole »… Jamais un titre n’aura aussi bien collé au genre de musique que jouent les Anglais, et surtout, à la manière dont Bellamy & co restituent en live ce qu’ils ont gravé sur disque. C’est juste énorme, qu’il s’agisse du son ou des visuels. Comme toujours, aurait-on presque envie d’ajouter. Et c’est à se demander (comme toujours aussi), comment trois bonshommes arrivent à générer un tel maelstrom. Pour le coup ici à Werchter : annoncé par un sergent instructeur aussi sympa que celui de Full Metal Jacket.

Frontstage - Muse 2

Plein les oreilles et plein les yeux, pendant les deux heures de rigueur. Le noir et blanc domine les projections, assorti aux tenues, et confère à ce nouveau show quelque chose d’assez clinique. Normal, après tout, quand on se place sous le signe du drone. Ce drone qui a inspiré au trio son nouvel album, duquel seront extraits cinq des vingt titres de la setlist. Pour la fantaisie, voyez ailleurs – même si l’on salue le retour du breakdancer et l’intro morriconienne de « Knights Of Cydonia » – Muse ne repeint pas en rose le monde dans lequel nous sommes. Même si « Madness » s’accompagne d’un déluge de couleurs, qu’il y aura plus tard des serpentins et des confettis, on repasse vite aux deux tons pour les images live ou certains clips (« Reapers »).

La sécu et les secours évacuent quelques évanoui(e)s. Ils/elles iront rejoindre les 4.500 festivaliers traités au cours de ces quatre jours. Et n’entendront plus Matthew Bellamy torturer sa guitare et se lancer dans ces envolées vocales baroquissimes (« The Handler »)… Ou toute la plaine (encore une fois) décoller avec lui sur « Plug in baby ». Côté voix, le son est tout aussi bon que pour les instruments : ce Muse-là va ravir ses fans tout au long de sa tournée des festivals, avant de poursuivre en Asie et Amérique du Sud à la rentrée.

Plus tôt dans la soirée… Les loges… Chris Wolstenholme nous détaille quelque peu l’élaboration de ce nouveau barnum. «  Une bonne partie des discussions qui portent sur ce que sera le show commence déjà pendant la création du disque. La plupart de nos albums ont un thème ou un concept. Entre deux sessions d’enregistrement, nous évoquons tout ce qui, dans ces disques, fera partie du live show. » Et à propos de Drones, en particulier ? « On peut dire que c’est la première fois que nous avons réalisé un vrai album concept. Il raconte une histoire du début à la fin, et il offre des possibilités pour la scène. Pas spécifiquement pour les festivals, mais bien quand nous commencerons cette tournée des grandes salles. Je pense que ce sera un show très différent de ce que nous avons fait auparavant. Nous allons occuper l’espace avec beaucoup d’accessoires, des objets, de vrais drones. Je suis pressé d’y être depuis que nous avons vu les images sur ordinateur. A ce stade, je pense que ça va amener le show à un niveau supérieur. »

Frontstage - Muse 3

Toujours plus haut, toujours plus fort. Toujours plus extravagant. Amusant d’entendre ça de la bouche d’un type aussi paisible en interview. Qui vous parle de la manière dont ses enfants écoutent de la musique. Pour un peu, on verrait Muse comme un trio de mecs normaux, sauf qu’ils véhiculent ce truc énorme… « Oui, mais nous avons toujours laissé parler la musique. Quant à l’image, il arrive toujours bien un moment où vous essayez trop. Nous avons eu des moments comme ça », avoue-t-il en riant. Comme ? « J’ai quelques regrets par rapport à la tournée Black Holes And Revelations. Nous avons peut-être été un peu excessifs dans le styling. Je ne sais pas… Le truc, c’est que quand on n’a jamais fait ça, c’est drôle, quelque part. On le fait pour le fun. Mais… ce n’est pas quelque chose que nous prenons trop au sérieux. Ce qui nous importe, c’est la musique, son évolution. Ce qui compte, ce n’est pas notre look mais notre son. »

Tout au long de ces quatre jours, d’autres auront essayé le son, eux aussi. The Script, le groupe de Danny O’Donoghue devenu une redoutable machine commerciale, presse-bouton facile pour faire chanter des milliers de demoiselles. Ou Die Antwoord, autre machine, mais celle-là plutôt à brûler les mauvaises graisses quand elle tourne dans un Barn qui déborde par tous ses accès. Sauf qu’à la fin, même si le contact avec les êtres humains massés à ses pieds n’est toujours pas plus élaboré, il n’en reste qu’un : c’est Muse.

 

Didier Stiers
(Photos : Thomas Blairon)

 

Setlist : Psycho – Supermassive black hole – Micro cuts – The handler – Dead inside – Uno – Interlude – Hysteria – Munich jam – Madness – Citizen erased – Apocalypse please – Plug in baby – Mercy – Time is running out – Reapers – Stockholm syndrome. Rappels : (JFK) – Uprising – Starlight – Knights of Cydonia

 

Didier Stiers

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