Ayo chauffe La Semo sous 25 degrés

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La chanteuse allemande a ouvert le bal des festivités ce vendredi soir à Enghien.

Elle est pile poile dans le décor. Toucher à rien. La belle Ayo, avec sa boule de cheveux bruns, son micro short en jean moulant, sa blouse fleurie et sa guitare folk – bon, et un peu ses chansons “responsables” aussi quand même – est l’incarnation parfaite de La Semo, premier festival durable de Belgique.

Une basse, une batterie, un clavier et la fameuse Cindy Barate à ses côtés pour la traduction en langage des signes (on avait fait le portrait de cette artiste belge dans Le Soir il y a quelques mois): une heure de concert où la jeune femme est passée en toute décontraction de la soul la plus suave à un funk des plus nerveux. Elle enchaînera même sur un set de rap mêlant anglais et français où là, elle se lâche et tire sur tous les méchants: les flics américains qui butent les gamins innocents, les porteurs d’armes, la société de consommation…

Elle parle beaucoup Ayo. Il est 18.19 et elle trouve qu’ “il fait trop chaud pour le polyester (qu’est ce qui m’a pris de mettre cette chemise?). Gandhi a dit ça aussi non?” Elle est drôle, rit, d’elle-même surtout, puis redevient plus grave. “Vous avez de la chance d’être ici. On a la paix en Europe et aux États Unis. Moi, je viens du tiers-monde, d’Afrique de l’Est, et je suis la fille d’une gitane. Une gitane qui a grandi en Allemagne. Gitan, ça veut dire pas de maison, pas de passeport… Et ce qui se passe en France en ce moment me fait très peur”.

Puis elle se remet à chanter – ses musiciens n’ont pas arrêté pendant qu’elle racontait -, de cette voix qu’elle aime bien érailler, avec toujours ses jolies jambes fuselées qui battent la mesure derrire sa guitare… Elle entame “Down on my knees” en anglais, “Please please don’t leave me down on my knees I’m bagging I love you”, switche vers le français: “S’il te plait ne me quitte pas à genoux je t’en supplie”. Les gens suivent, balancent les bras en l’air, reprennent avec elle “Complain”, “Ticket to the world”, “Fire”, sifflent quand elle les titille: “ça, c’est une nouvelle chanson qui dit qu’en fait, on n’a besoin de rien. Mais bon, je dis pas qu’il faut être nu hein!”

Douce, féroce, Allemande, Nigériane, tzigane roumaine. Il y en a des femmes dans cette jeune personne de 34 ans faite pour La Semo, le festival où on n’imprime tellement rien inutilement que le programme n’est lisible que sur le tee-shirt des bénévoles.
Mais surtout elle est fortiche, Ayo, qui sermonne et conscientise en riant des familles et des bandes de potes qui l’écoutent en fumant, pieds nus dans l’herbe chaude.

Julie Huon


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