Cactus Festival: pensez à vous mettre au sombre de temps en temps !

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Avant leur passage à Dour dans pile une semaine (18/07), les folkeux canadiens de Timber Timbre venaient étrenner leur mixture de folk et de rock sous un lourd soleil au Cactus. Le productif trio canadi

en (cinq albums en dix ans) mise presque exclusivement sur les cordes avec un guitariste/chanteur, un guitariste lap steel et une violoniste qui proposent ensemble une musique plutôt sombre. Et disons-le franchement, l’atmosphère n’en devient pas particulièrement plus légère avec cette voix à la Léonard Cohen. Cette deuxième journée commence plutôt calmement, mais il faut dire que cette musique pastorale cadre plutôt pas mal avec l’atmosphère bucolique de ce festival.

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L’atmosphère reste sensiblement la même avec les Belges de Het zesde metaal qui font suite et qui fêtent également leur dixième anniversaire en 2015. Sauf que : premièrement, ils chantent en patois ouest-flandrien ; deuxièmement, il y a toujours autant d’instruments à cordes mais ils font nettement plus de bruit. Bye-bye le folk, bonjour le rock ! La couleur locale des textes y est sans doute pour quelque chose, mais le parterre déjà bien fourni répond présent à la fin de chaque chanson. Quoiqu’il en soit, le quintette joue en cercle très serré au centre de la scène (avec pas beaucoup plus de deux mètres entre chaque musicien) un pop/rock classique mais énergique plutôt efficace. La mélancolie est toujours bien présente musicalement (à défaut de pouvoir comprendre parfaitement les textes, on imagine qu’ils doivent correspondre) et avec le mur de guitares (deux électriques, une acoustique) qui vrombit parfois, le parallèle avec le Radiohead de l’époque The Bends-OK Computer fait sens. D’ailleurs, lors de l’intro à la guitare acoustique de « Ier bie oes » on croirait presque entendre l’intro du titre « Exit Music (For A Film) » du quintette d’Oxford. Après, le parallèle s’arrête là parce qu’en terme de créativité et d’ingéniosité, avec le parcours de Radiohead depuis The Bends ces vingt dernières années, il  est presque impossible de rivaliser.
Le Mop Mop du batteur/producteur de jazz et de funk italien Andrea Benini apparaissait sous la forme d’un trio batterie/claviers/vibraphone en ce milieu d’après-midi. Après un jam très rythmé de dix minutes sans aucune partie chantée en ouverture, Benini prend un temps la parole pour introduire le poète quinquagénaire de Trinité-et-Tobago, Anthony Joseph. En dehors des quelques interventions de Joseph, également audibles sur le dernier disque du groupe (Isle of Magic, 2013), la musique reste exclusivement instrumentale. Puisque celle-ci puise ses racines dans le jazz et l’afrobeat principalement, il n’y a rien d’étonnant au fait qu’elle soit basée sur de longs jams d’une dizaine de minutes à chaque fois, certes un peu trop souvent trop longs et trop répétitifs, qui sont là pour faire danser la foule. A ce niveau-là, le pari est largement réussi. Par contre, il est un peu dommage qu’avec une musique reposant autant sur la rythmique et sur de gros sons de basse, un bassiste live ne soit pas prévu et que toute cette partie du boulot soit dévolue au claviériste qui du coup jongle en permanence avec un clavier dans chaque main.
LOÏC BUISSERET (St.)


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