Dans la brume psychédélique

Bed Rugs

King Gizzard, Bed Rugs et Woods. Australie, Anvers et Brooklyn. En ce début de troisième jour d’Ardentes, on planifie quelques jolis voyages immobiles. Et quand on dit « jolis »…

King Gizzard, le citoyen de Carlton dans la banlieue de Melbourne, joue sur la petite scène de l’Aquarium, néanmoins flanqué de ses six Lizard Wizard(s). Voilà encore un groupe prolifique – ce qu’on est quand on a sorti 6 albums depuis 2012 – prolifique donc, un peu à la manière de Thee Oh Sees. La référence n’est pas innocente : les Australiens ont pu compter sur Castle Face, le label co-géré par John Dwyer, pour sortir de Down Under. Et entre parenthèses, ils ont signé avec Heavenly, ce qui leur assure désormais une distribution en Europe. Avis aux amateurs de pop expérimentale, barrée folky, psychédélique donc, et qui met l’accent sur les mélodies.

Gizzard

Se faire cueillir par le beat lysergique de Bed Rugs en début d’après-midi, dans un HF6 pas vraiment rempli, quand il fait chaud et qu’on a déjà appliqué à la lettre les prescriptions médicales de base (l’hydratation, tout ça), c’est néanmoins bien rude. Rude dans le sens « rien ne sert de lutter, dans quelques secondes, tu vas entrer dans une autre dimension. Voire en lévitation. » Et de fait, le chant de Stijn, ce truc un peu Flaming Lips mais sans les fanfreluches, donne le signal du départ. A l’heure de « Specks »… on est presque arrivé à destination.

Woods, c’est un camarade qui m’en avait parlé, avant de m’amener à l’époque leur discographie quasi complète, histoire d’agrémenter nos trajets Bruxelles/Werchter et Bruxelles/Pukkelpop de ces dernières années. Ça doit être là, avec ces prolifiques Américains à guitares, que j’ai dû bousiller la fonction replay de mon autoradio. A force… Autant dire que Woods, c’est deep. Alors, dans le petit Aquarium, certains préfèrent en profiter assis. Et d’autres, allongés sur le béton, les yeux fixés sur le plafond pendant que le groupe les emmène « Moving to the left ». Ou fermés, les yeux, pour se plonger encore mieux dans cette sorte de simplicité désarmante et en même temps redoutable (les break instrumental de « Bend beyond » est juste énorme), dans ces riffs et ces refrains imaginés par d’excellents musiciens.

Au HF6, les quelques fans de Nicki Minaj repérés plus tôt accrochés à la barrière de sécurité sont toujours là. Eux doivent être prêts à tout encaisser pour être certains de voir de la rappeuse féministe 2.0… sous toutes les coutures.

Didier Stiers

 

 

Didier Stiers

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