La Semo: Arno, entre un Mölkky et un jaccuzzi

arno

Pour clôturer la seconde journée de La Semo, le chanteur ostendais a eu un peu de mal à réchauffer le public alangui.

C’est qu’il y a beaucoup de distractions ce week-end au château d’Enghien. Depuis vendredi, le public hésite entre concerts et tournois de Mölkky – la fameuse pétanque finlandaise –, jeux de massacre, saunas, jaccuzzis, les shows des illusionnistes, des jongleurs, des acrobates, les fanfares ambulantes et la sieste dans les hamacs en hauteur…

Tout à coup, devant le stand de galettes de sarrasin (ou celui des tacos, ou des mezzes libanais, ou de la Chaudasse, cet hydromel pomme/cannelle distillé à Hennuyères et qui reste un peu sur l’estomac), on se rappelle qu’il est l’heure d’aller voir Collectif 13. Et Debout sur le zinc, vite, vite. Ou Les Yeux d’la tête. Oups, ratés.

C’est encore vraiment un festival musical, La Semo? Ça beugle «Waar is de feestje? Hier is de feestje!» sur la jolie petite Scène du Château envahie par les 25 fans de Robbing Millions (on exagère à peine).

Et puis il est 23.20 et tout le monde lâche un peu ce qu’il était en train de faire pour aller écouter Arno. Il reste quelques mômes encore, avec le gros casque protecteur sur les oreilles pour entendre en sourdine le chanteur ostendais entonner, de sa voix plus rugueuse que jamais, l’étrange et bien gueulante «Que pasa».

«Bonsoir mademoiselle et messieurs, asseyez-vous, on va vous en faire une autre». Arno, vieux rockeur en veston noir, s’envoie le pied du micro d’une main à l’autre, remonte les épaules, écarte les jambes. Il aime la discordance, les gros clashs de Led qui s’allument d’un coup derrière lui, et par-dessus tout, décontenancer ce public de gentils locavores avec un son terriblement 80´s, avec la basse qui lui répond en permanence, la batterie qui sonne façon grosse caisse de garage et la froideur plastique du synthé.

Bon, Arno c’est pas Kraftwerk non plus – il dit quand même que ce dernier album, Future Vintage, sorti en 2012, contient «des éléments de TC Matic» – mais pas facile avec ça de réchauffer les fesses de festivaliers rafraîchis par les longues pauses dans l’herbe humide du jardin du château. Derrière, on entend un jeune mec expliquer à sa copine: «C’est une espèce de post-rock euh…».

Les derniers enfants descendent des épaules, rentrent à la maison pendant que la ville résonne une bonne heure encore des paroles, dans les trois langues, de «In my bed» ou de «A la française»: «Je vois des gens sans espoir, ils ne disent plus au revoir»…

Julie Huon


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