Labeur à Liège, l’amour à Charleroi

Front - Spag 1

Il se passe plein de trucs bien, au Labo. Petit chapiteau, mais grands moments, surtout si on aime les guitares. Celles de It It Anita vendredi, et celles des Scrap Dealers samedi, par exemple. Tiens… que des Liégeois !

Vu de l’extérieur, on dirait que ça bouge à Liège plus sérieusement qu’ailleurs. Avec des jeunes gens qui se démènent pour faire exister leur projet, qui ont des idées pour séduire les oreilles. Juste retour des choses : ça tourne, pour certains d’entre eux. Les Scrap Dealers sont à Dour et c’est leur premier gros festival, comme l’expliquent Hugues et Régis, ce samedi après-midi.

Régis : « Dour, c’est un festival que je connais quand même assez bien, où j’avais l’habitude d’aller en tant que festivalier. Mais le faire en tant que groupe, c’est impressionnant. C’est d’ailleurs en partie à cause de ça que je n’ai pas dormi la nuit passée. Et ouvrir une scène est d’autant plus stressant. Une fois dessus, le fait de voir du monde, le Labo se remplir, toutes proportions gardées, de gens contents d’être là, assez ouverts, ça fait hyper plaisir. »

Hugues, lui, a ressenti quelque chose de beau (sic). « On fait de la musique non seulement pour jour en concert, mais aussi pour exprimer des choses. On a commencé tout en bas, et on se retrouve soudainement au festival de Dour devant des gens qui nous regardent, qui bougent la tête et qui nous applaudissent. Finalement, je crois que c’est gagné. » Il faudrait cela dit être bien insensible pour ne pas se laisser happer par le long et hypnotique « If I were your only son » joué en final.

En 2014, le groupe sortait un premier ep, Red like blood. Depuis, les états d’esprit on évolué. « C’est surtout l’envie d’apporter autre chose, commente Régis. Je n’en ai pas marre du garage, c’est une musique que j’apprécie beaucoup, mais ce n’est pas ça qui m’a donné envie de composer et de former un groupe. C’est important d’apporter un maximum d’influences. » Son camarade enchaîne sur le même ton : «  J’en ai vraiment marre du garage. Pas marre de la musique ou de la scène actuelle, mais de l’étiquette, du terme. Et c’est pour ça aussi que j’essaie d’apporter d’autres choses. Jouer tel morceau plus planant, ou tel morceau plus agressif, ça fait partie aussi de notre personnalité, nous ne sommes pas des stéréotypes. Enrichir sa musique est très important. »

Front - It It

Nicolas Michaux (vendredi), ainsi que The K (samedi) et It It Anita (samedi – photo) étaient également au programme du Labo. Comme un petit parfum de connexion liégeoise… Hugues : « A Liège, il y a une scène, des tas de gens, de groupes, de collectifs qui essaient de faire bouger les choses, organisent des concerts. Il y a aussi pas mal de salles, même si c’est peut-être un peu moins qu’avant. Bien sûr, tout le monde n’écoute pas la musique de tout le monde, et il ne faut pas tout aimer sous prétexte qu’on est copains. The K va jouer, c’est un groupe qui envoie la sauce en live, mais je ne vais peut-être pas écouter ça chez moi. Tout comme Sébastien peut apprécier un concert des Scrap Dealers et ne pas écouter notre disque. Et oui, il y a pas mal de groupes, comme The Experimental Tropic Blues Band qui sont devenus de bons amis, et on en connaît un tas d’autres. Je pense que nous avons réussi à trouver notre place dans le milieu musical liégeois en très peu de temps. »

Front - Moon Duo

Bon, entendons-nous, on n’a pas été au Labo pour voir que du liégeois. Samedi, la claque a été assénée par les San Franciscains psychédéliques de Moon Duo (photo). Projections d’images kaléidoscopiques et mur de gratte, parfait pour ouvrir les tympans, les chakras, les portes de la perception, tout.

Front - Spag 2

Dimanche en tout début d’après-midi, ce sont les zygomatiques qui se sont ouverts avec les inénarrables Spagguetta Orghasmmond. Le duo est flanqué d’un nouveau comparse, barbu et enturbanné, joueur de congas. Ici à Dour, il bénéficie du renfort d’un guest de choix, tout juste revenu d’une cure thermale : Il Padrino Don Giacomino de La Louvière, Giacomo Panarisi de Romano Nervoso. Tout ça n’empêche toujours pas les Ramones (« Beat on the brat ») de sonner Charly Oleg sous amphétamines (attention, la drogue c’est mauvais), d’improviser une partie de golf et « L’amour à Charleroi » de faire un tube de l’été. On dénombre les regards incrédules au départ de ce récital/happening, vite convertis en larges sourires. Dites, les gens de Dour ? Si vous les reprogrammez en 2016, ceux-là, faites-les jouer le soir !

Didier Stiers

 

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