Comme un avant-goût de l’enfer

Tomorrowland - Feu

Rien de tel qu’un discours d’intégriste pour rire un bon coup. Alors que Tomorrowland s’achève, nous avons déniché le site christnews.org et ses 5 raisons de boycotter cet événement « satanique »…

Juste deux mots pour vous situer ces particuliers-là… Sur leur site d’info, on trouve entre autres choses des articles et des études visant à démontrer que « les Pokémons sont à l’origine de l’homosexualité de nombreux adolescents déviants ». Que « les jeux vidéo rendent violent et homosexuel ». Ou encore, que « les produits Apple rendent homosexuels ». Vous avez dit fixette ?

Tomorrowland 2

Tomorrowland n’échappe pas à leur divine vindicte puisque, selon eux, le festival « est un véritable danger pour notre jeunesse qui y trouve tous les éléments de la perversion moderne : sexe, drogue, alcool, musique abrutissante, symboles païens et satanisme à toutes les sauces. » Certes, ça fait carrément peur, mais comme tout bon (hum) journaliste qui se respecte, j’ai pensé qu’une sorte de fact checking permettrait de remettre, disons, l’église au milieu du village.

1. Le sexe
« Le festival propose depuis 2012 une « love chapel » où les jeunes peuvent s’adonner à diverses pratiques sexuelles en couple, entre couple et entre inconnus », nous apprend-on. « Une aberration dans une société qui cherche à protéger ses jeunes des MST. De plus, les festivals en général sont des lieux où les jeunes (et moins jeunes) peuvent s’adonner à la débauche en toute liberté. Chaque année, de nombreux viols sont répertoriés dans ce festival. Des préservatifs sont même distribués par des associations pour encourager les relations entre inconnus. »

D’abord, depuis l’an dernier, l’endroit évoqué s’appelle Chapelle Jarretelle. Deusio : toutes les pratiques n’y sont pas envisageables dans la mesure où l’occupation est chronométrée. Dix minutes, et buiten ! Quant à la distribution de préservatifs, rappelons quand même que c’est super si on veut protéger les jeunes des MST… De nombreux viols ? Ah ? La débauche ? Ça, si on veut la supprimer, supprimons donc les festivals, les campings, les hôtels, les bureaux après 17h et tous ces parents qui s’absentent de chez eux quand il y a des jeunes à la maison !

2. La drogue
« Tomorrowland est réputé pour sa consommation excessive des drogues les plus dures. On y trouve tout ce qui existe sur le marché, du cannabis à la cocaïne en passant par la méthamphétamine. Aucun véritable contrôle de police n’est effectué sur le site. Le seul répertorié est celui réalisé par la police à l’aéroport, comme le rapportait RTL l’année dernière. Des contrôles qui posent question alors qu’il est évidemment peu probable que les festivaliers prennent le risque d’amener de la drogue par avion. Il leur suffit finalement de l’acheter sur place. »

Réputé, réputé… faudrait voir à ne pas exagérer, c’est pas Breaking Bad, non plus. Reste que depuis plusieurs années, les organisateurs sont à ce sujet très stricts : tout festivalier surpris en train de consommer de la drogue (quelle qu’elle soit) est immédiatement et définitivement ramené hors du site. Quant aux contrôles, ils sont peut-être moins médiatisés qu’à Dour, mais ils existent, et cette année encore, la police a mis la main sur un certain nombre de dealers. Comme le rapporte RTL

 

3. L’alcool
« Malgré le prix prohibitif des consommations (et du billet, mais nous y reviendrons), les festivaliers de Tomorrowland consomment en moyenne 2 litres de bière par jour. Là encore, aucune mesure concrète n’est mise en place pour empêcher la débauche. »

Mais ils ne boivent pas que de la bière, ces festivaliers ! Et pour ceux qui en consomment, une moyenne de deux litres, ça fait une dizaine de chopes par jour. C’est assez irréaliste, et peu… D’autre part, n’oublions pas qu’on les incite aussi à se nourrir, et comme il faut : Tomorrowland sert de la gastronomie belge, via l’option B-Eat. Les prix ? Parlons-en ! La bière normale revient à 3,75 euros ; à Roskilde, c’est 5 euros pour un verre de pipi recyclé ! Le hic, c’est que le festival est devenu cashless : les paiements se font via le bracelet rechargé au préalable. Le solde éventuel peut-être récupéré moyennant.. 3 euros !

Tomorrowland - Public

4. Musique abrutissante
« La musique diffusée à Tomorrowland, que nos lecteurs ne connaissent probablement pas, est ce qu’on appelle communément de la musique électronique. En lieu et place d’instruments, c’est rapidement et facilement par ordinateur que ce type de « musique » est créé. »

Si David Guetta pond des tubes à la pelle aussi rapidement et facilement, c’est juste parce qu’il a un don. Quant aux Allemands de Kraftwerk, au défunt Dieter Moebius, Stockhausen ou les chercheurs qui travaillent dans ce secteur, nos amis de Christnews ne doivent probablement jamais en avoir entendu parler ! Bon, après, que certains en fassent du commerce mainstream… Mais pas de panique : là, on vient de faire tourner à l’envers un disque d’Avicii, eh bien rien, pas de message du grand cornu, c’est juste le même gloubiboulga que dans l’autre sens ! Et qui osera dire que « We come 1 » de Faithless, glissé par Armin van Buuren dans son set hier est abrutissant ? Comme le dirait Luke Slater : « It’s ideas that write music, not computers. »

5. Satanisme à toutes les sauces
« Parmi les nombreux symboles sataniques (comme celui évoquant les cornes du diable sur l’image illustrant cet article en haut de page), on trouve également un élément des plus perturbants dans ce festival. Le livre de la Sagesse (book of Widsom) est ici un spectacle mêlant musique électronique à tendance anti-chrétienne (le livre de l’ancien testament est ici moqué) et symboles païens. Le summum étant que les organisateurs du festival se permettent de vendre un « livre de la sagesse » pour que les jeunes puissent y raconter leurs soirées de débauche à la manière d’un journal intime. »

Pour les cornes du diable, y’a erreur sur l’adresse : c’est au Graspop qu’elles poussent ! Ici, on cultive plutôt des fleurs qui crachent de l’eau, des fées, des champignons magiques et on lance des feux d’artifice, voire des tartes à la crème quand Steve Aoki s’en mêle, comme cette année encore. Bon, d’accord, il y a bien l’un ou l’autre dj qui prend des poses christiques derrière ses platines, mais n’y voyez que l’expression du bonheur ressenti lorsque la foule lui communique son énergie (genre). Et ce Book of Wisdom, sinon ? En fait, un livre souvenir rempli de photos vendu à l’occasion de la dixième édition, et non pas un journal intime. Cela dit, c’est très vilain d’aller lire les journaux intimes des jeunes ! Ai-je vu des symboles païens ? Ben non… juste un peu de topless, une miss t-shirt mouillé, deux types déguisés en moines, et quelques poupées gonflables brandies dans la foule…

Frontstage - Armin vB

Didier Stiers
(Photos : Hatim Kaghat)

 

 

Didier Stiers

commenter par facebook

15 commentaires

  1. seb

    26 juillet 2015 à 21 h 41 min

    un article sur des trolls?

  2. Vérifiezvossourcesparpitié

    27 juillet 2015 à 0 h 15 min

    christnews = le gorafi

répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>