Brigitte, de drôles de sirènes sous le plan incliné du Ronquières Festival

Brigitte

Brigitte a tout fait pour envoûter le public hennuyer samedi soir. Avec un succès mitigé.

Brigitte

Brigitte, les premières minutes, pour un néophyte, c’est un visuel (et un style) qui laisse sans voix. Sylvie Hoarau et Aurélie Saada apparaissent devant un simple fond de palmier (façon Croisette?): deux femmes en robes à paillettes noires, à longues manches, laissant entrevoir des jambes interminables à la Brigitte Bardot (qui a inspiré leur nom de scène), deux chevelures identiques, deux bouches en cœur rouge vif, deux moues de pin up des années soixante. Deux voix de sirènes.

Dans le public du Ronquières Festival, ce samedi, il n’y a pas d’entre-deux. Soit on aime, soit on déteste. Le premier camp salue les performances vocales des deux femmes fatales, vachement fortiches dans les aigus, ainsi que leurs textes délurés et l’image d’un certain féminisme qu’elles véhiculent. Les adversaires (dont nous sommes) trouvent vite l’ensemble irritant: la chorégraphie suave – les chanteuses se trémoussent les mains sur les hanches ou en claquant des doigts-, les paroles (“les garçons sont trop cons”, “si j’avais un cœur de pierre j’embrasserais tous les garçons”, “je suis plus costaude qu’un petit oiseau”, “touche pas à mon homme ou je te dégomme” – bien sûr, il y a du second degré dans les textes, mais qui s’en soucie vraiment en festival à part les fans?), la mélodie entêtante. Le dialogue avec le public est réduit à peau de chagrin, avec un petit “Ça va les meufs?” qui ne manquera pas de pousser l’exaspération de certains à son paroxysme.

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Et puis, petit à petit, on se prend au jeu. Brigitte lance: “Que vous soyez profonde ou légère, que vous soyez maman ou putain, vive nos libertés!” Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a un vrai concept, qu’on adhère ou pas. Et c’est quand le duo se lâche, dans les morceaux plus dynamiques, quand il part plus dans les graves, sur Jesus Sex Symbol par exemple, qu’on se surprend à avoir envie que ça continue. Bon, le marin n’est pas encore totalement fait prisonnier par les ondines au fond de la mer, mais, titillé et curieux, il tend à tout le moins l’oreille pour en savoir plus.

Finalement, Brigitte, ça passe ou ça casse. C’est un peu comme l’accueil de Bardot dans Et Dieu… créa la femme (1956): certains la perçurent comme une boniche (Paul Reboux), d’autres furent conquis et lui donnèrent le titre de sex-symbol et celui d’icône de l’émancipation des femmes.

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Photos: Pierre-Yves Thienpont


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