Mr Tom Jones arrive à Lokeren

Tom Jones performance - Newbury

Pour fêter dignement leur 40 ans, les Lokerse feesten se sont offerts un diamant éternel. Le seul, l’unique : Mr. Jones, Tom Jones. Portrait.

Le crooner à la voix aussi chaude que puissante fête les 50 ans de l’année qui devrait rester à jamais l’année de sa vie : 1965. Lui qui a commencé à chanter dans des pubs, et qui vient alors tout juste de signer son premier contrat, sort cette année-là pas moins que « It’s not unusual », « What’s new pussycat » et « Thunderball » (chanson titre du quatrième James Bond). Le schéma est le même à chaque fois : Tom Jones se cantonne exclusivement à l’interprétation des titres, sans écrire ni paroles ni musique ; sur une pop orchestrale qui dépasse à peine les deux minutes, au rythme imparable et une mélodie que l’on se surprend à fredonner presque machinalement.

Sa voix, son physique et son style vestimentaire à base de pantalons moulants et de chemises largement déboutonnées lui font atteindre sans trop de mal les sommets de la popularité à la fin des sixties, provoquant au passage l’hystérie de jeunes adolescentes en fleur qui n’hésitent pas à balancer ce qu’elles ont de plus intime sur scène. C’est à cette période qu’il choisit de s’installer à Las Vegas pour effectuer une juteuse série de concerts, ce qui donnera des idées quelques années plus tard à l’idole des jeunes (la vraie). Malgré une concurrence directe du point de vue géographique, vocal et du sex appeal, Tom Jones et Elvis Presley seront néanmoins bons amis jusqu’à la mort du “King” en 1977.

Plus de 40 ans avant de s’afficher comme coach dans la version britannique du télé-crochet The Voice, Tom Jones possèdera sa propre émission de télé entre 1969 et 1971, intitulée « This is Tom Jones ». Diffusée au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, cette émission lui aurait rapporté près de 9 millions de dollars en trois ans. Artistiquement, on en retiendra par exemple un duo tonitruant avec Janis Joplin sur « Raise your hand » en 1969.

Si Tom Jones continue à enchaîner 200 dates par an, pouvant toujours tabler sur ses succès populaires passés, sa carrière connaît alors un premier essoufflement. Privilégiant les scènes de casinos aux studios d’enregistrement, il entame une sorte de traversée du désert discographique puisque entre 1972 et 1999, plus aucun de ses albums ne deviendra disque d’or et beaucoup ne seront même jamais classés. Quelques succès éclairs de singles viennent
fendre la grisaille comme ses reprises de « Love is in the Air » à la sauce disco en 1979 ou de « Kiss » en 1988 avec les londoniens new wave de Art of Noise.

S’il n’y a qu’un seul caméléon reconnu dans le rock, David Bowie, et que Tom Jones surfe sur les modes plus qu’il ne les lance, il faut lui laisser sa faculté à s’entourer de jeunes musiciens qui lui permettent de moderniser l’habillage de ses titres tout en continuant à exploiter bon gré mal gré la même veine « chanteur à sex appeal » qu’il ait 25, 48 ou 59 ans. C’est dans cette droite lignée qu’arrivera l’explosif « Sex bomb » en 1999, disque en collaboration avec le producteur allemand Mousse T, arrivant dans les bacs un an après le film The Full Monty qui le remet sur le devant de la scène et qui sample massivement le « All American Girls » disco de Sister Sledge.

Depuis 1999, on retiendra surtout un album à l’orée du hip-hop en 2002 avec Wyclef Jean des Fugees, une multitude d’albums de reprises rock’n’roll, blues et soul dont une apparition sur l’album de Hugh Laurie (alias Dr. House), le titre de « chanteur le mieux payé au monde pour un concert » en 2010 et le fauteuil de coach dans The Voice UK depuis la première saison en 2012. Tom Jones sillonne l’Europe depuis la mi-juin et se présentera à Lokeren avec un setlist relativement immuable qui contient presque tous les titres que l’on a cité. Que ses fans soient rassurés !

LOÏC BUISSERET (St.)

En concert aux Lokerse feesten ce mardi 4 août. Les tickets d’une journée sont toujours disponibles au prix de 45 euros.

Bio express

Sir Thomas John Woodward (de son vrai nom) est né le 7/6/1940 dans un village minier du pays de Galles.

Sa carrière démarre en trombe puisqu’il n’est signé chez Decca que depuis un an lorsqu’il connaît l’année la plus faste de sa carrière à 25 ans. Si sa carrière a connu des hauts et des bas, et a fonctionné de manière très cyclique, il a vendu aujourd’hui plus de 100 millions de disque. Ce chiffre le range aux côtés de Status Quo (également à l’affiche des Lokerse feesten mardi), Tina Turner, Stevie Wonder et George Michael entre autres.

En 2010, il reçoit le titre de « chanteur le mieux payé au monde pour un seul concert » après avoir empoché la modique somme de 3,74 millions de dollars en un soir.


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