Led Zep de retour à ses racines folk

Frontstage - Plant - 1

Robert Plant était dimanche aux Lokerse Feesten, le temps d’un concert aussi riche qu’instructif. Si, si !

Lancées en 1975, les Lokerse Feesten célébraient cette année leur 40e anniversaire. L’édition 2015, qui a débuté le 31 juillet dernier et a rassemblé 125.000 personnes en dix jours, s’est achevée ce dimanche avec, entre autres invités, Robert Plant et ses Sensational Space Shifters. Aux légendes du disco samedi soir (Chic, Giorgio Moroder) a donc succédé l’une de celles du rock, 66 ans, bouc et coiffure de mousquetaire blanchi sous le harnais.

Frontstage - Plant - 2

La troupe connaît le pays : en 2014, avec ses fines lames, l’ex-Led Zeppelin avait tout simplement livré l’un des meilleurs concerts vus à Werchter. Quant à Lokeren, sa foire d’été, son Grote Kaai et ses saucisses de cheval, il connaissait aussi (en tout cas, le festival) : ce dimanche, c’est la troisième fois déjà qu’il y met les pieds. Et ce soir, le répertoire est essentiellement blues et folk. L’homme, lui, est d’humeur jouette. Quand il présente l’un de ses musiciens ou annonce un morceau, c’est en précisant toujours son origine : les Misty Mountains chères à… Tolkien. Ou à Led Zep.

Frontstage - Plant - 3

Plant, qui reprend Howlin’ Wolf, puise plus d’une fois dans le répertoire du groupe avec lequel il est entré au panthéon du rock. « Black dog » y est, mais c’est « Whole lotta love », classique parmi les classiques (même si un peu inspiré par Willie Dixon), qui nous vaut l’un des sommets de ce concert : commencé sur un mode blues à l’ancienne, ce « remake » inclut un passage laissé aux bons soins de Juldeh Camara. Griot gambien, ce Space Shifter-là joue du nyanyero, un violon à une (ou deux) corde(s), à la sonorité parfois curieusement celtique. Entre parenthèses, il a déjà enregistré à deux ou trois reprises avec Justin Adams, l’un des guitaristes du groupe, et il apparaît également sur Lullaby and the ceasless roar, l’album de Robert Plant And The Sensational Space Shifters sorti l’année passée.

Bref, voilà comment on renvoie élégamment et intelligemment l’un des plus grands groupes de heavy metal à ses influences folk. Des influences qui n’ont, entre parenthèses, jamais été niées. Robert Plant rappelle d’ailleurs l’intérêt que le groupe porte aux musiques africaines et au blues du Delta, juste avant de se lancer dans « Satan your kingdom must come down » qui date de son époque Band Of Joy (2010). Un second rappel est l’occasion d’un petit clin d’œil à Tom Jones, qu’il regrette de n’avoir pu voir (c’était aux Lokerse Feesten il y a pile une semaine). Et de dédicacer « an old English folk song » au Gallois et à tous les fumeurs de ce soir (« Naughty, naughty, naughty ! »). En fait de vieille chanson folk anglaise, c’est « Rock and roll » de… Led Zeppelin.

Frontstage - Arsenal

Un avant et un après Robert Plant complétaient l’affiche de cette dernière soirée des Lokerse Feesten. Avant : Stephen Marley, fils de Bob, ainsi que les excellents Maliens de Songhoy Blues, déjà vus, entendus et écoutés cette année à Dour puis à Esperanzah. Et qu’on n’aura de cesse de vous recommander. Après : les hérauts de la Flandre qui marche dans les hit-parades, à savoir Arsenal. Les dixièmes Lokerse Feesten du groupe, vous imaginez ? Le Grote Kaai semble du coup un peu plus rempli, pour recevoir John Roan, Leonie Gysel, Hendrik Willemyns et les autres. Un peu plus rempli, de têtes plus jeunes. Cette fête urbaine brasse large et ses organisateurs assument. Il ne devrait pas en aller autrement en 2016.

Didier Stiers
(Photos : Mathieu Golinvaux)

 

 

Didier Stiers

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