Micro, mais il fait le maximum

Frontstage - Micro - Intro

A tous les blues du « jour d’après » (retour de vacances, accouchement, déménagement…), il convient d’ajouter la déprime post-Micro Festival. Le Micro ? L’un des plus chouettes rendez-vous dans la litanie des grands raouts musicaux de l’été. Un rendez-vous à taille humaine ; c’était ce week-end !

Le concept des organisateurs liégeois est simple : deux jours de concerts sur une seule scène entrecoupés de dj sets, et un troisième jour réservé à diverses activités parmi lesquelles un tournoi international de chaises musicales. Comme l’édition de l’an dernier, cette sixième affichait sold out. Et une fois encore, quitter le quartier Saint-Léonard à la fin du Micro Festival, c’est – aussi – rentrer chez soi tout requinqué par l’atmosphère et l’accueil détendus, avec l’envie, parce que c’est un festival essentiellement axé sur la découverte, de réécouter vite fait l’un ou l’autre des groupes entendus au cours des heures précédentes.

Les noms ? Allons-y…

Frontstage - Micro - La Jungle

La Jungle : pas pu voir ! Pourtant parti à l’heure de Bruxelles, j’ai perdu tout mon bonus temps lors de la recherche désespérée d’un endroit où me garer… Consolation : le duo belge guitare/batterie dispensateur de transe rock sera à l’affiche du festival Deep In The Woods en septembre. Vendredi toujours, Girl Band donne de la voix. Même si des soucis de basse récurrents viennent quelque peu saboter un punk no-wave accrocheur. Le « chant » est assez étonnant : Dara Kiely scande, hurle, se sort les tripes… Le 25 septembre, les Irlandais se manifesteront sur Rough Trade avec leur premier album, Holding hands with Jamie.

Frontstage - Micro - Girl Band

Frontstage - Micro - IceAge

Des Danois de Iceage, on avait surtout lu et compris qu’ils s’étaient assagis, ces derniers temps. Ici, les quatre punks de Copenhague emmené par un chanteur éméché et un peu contrarié par le brouhaha ambiant, affrontent eux aussi quelques problèmes techniques (la batterie, pour le coup). Mais surtout, c’est juste… linéaire. Difficile de trouver un titre qui sorte un peu du lot ! On oublie donc, ce qui s’avère d’autant plus facile face aux trois Buffalo Daughter. Vingt ans ou à peu près que ces Japonais ont titillé les oreilles occidentales (Grand Royal, le label des Beastie Boys) : leur mélange de pop, de rock, de funk et d’électro fait toujours son petit effet.

Frontstage - Micro - Buffalo Daughter

Vendredi, la soirée s’achève en compagnie de Awesome Tapes From Africa. Derrière ce pseudo se cache Brian Shimkovitz, un ethnomusicologue américain (et désormais gérant de label) qui mixe de la musique africaine (donc), souvent inédite mais surtout avec… des cassettes !

Frontstage - Micro - Benoit Lizen

Samedi, le réveil est, au choix, dispensé par Benoît Lizen et sa folk tout en douceur. L’artiste chante dans une langue qui n’appartient qu’à lui… Le math rock vitaminé de Mambo est, lui, destiné aux plus endormis : ces finalistes du dernier Concours-Circuit jouent à domicile, donnent à ce genre souvent très (trop) cérébral des touches d’humour et d’exotisme. Bienvenue au « Luna park », les amateurs de « Roulé boulé » !

Frontstage - Micro - Mambo

La première claque de la journée est assénée par The Glücks. Soit Tina au chant et à la batterie, et Alek au chant et à la guitare. Ou, si vous préférez, deux Ostendais entrés par effraction dans le garage bien rangé des Cramps et des Sonics pour y mettre un souk pas possible à coups de fuzz et de réverbe, de compos psychotiques et de hurlements primitifs. Formule scénique de base, effet dans les tripes et le cerveau immédiat ! Au quatrième rang, on aperçoit le Reverend Beat-Man, lui-même touché par cette dangereuse magie noire ! Prochaine séance : le 18 septembre au Vecteur.

Frontstage - Micro - The Glücks

Frontstage - Micro - KJ Grobe

Entre le gentil et timide mais très accessible Jacco Gardner (de retour à Liège, au Reflektor, le 19 novembre) et les claviers (Moog et Farfisa) pop-psyché du Suisse Klaus Johann Grobe (première visite en Belgique), c’est un autre citoyen de par-delà les Alpes qui était attendu à Liège : Beat-Man, donc, alias le Révérend. Ça rime avec vétéran : l’homme débarque dans une formule vieille comme le monde, le one man band. Charleston, grosse caisse et guitare, voix rauque’n’roll et textes surréalistes : Beat Zeller (pour l’état civil) allume l’autre bâton de dynamite de cette édition. Cerise sur le gâteau : un « Blue suede shoes » ahurissant, moitié sketche, moitié œuvre post-moderne !

Frontstage - Micro - Reverend Beat-Man

Pour un peu, on en oublierait les Parisiens de Turzi, montés sur scène juste avant ce drôle de paroissien. Les Parisiens, dont les chansons et les instrumentaux aux allures de soundscapes rappellent par moments les années 80 et 90, repasseront par chez nous le 18 septembre (Maison du Peuple, Saint-Gilles) avec Caroline Villain (soprano).

Frontstage - Micro - Turzi

Frontstage - Micro - AK:DK

Avec tout ça, il est déjà minuit bien passé… L’heure dévolue à AK/DK. L’arrivée de ce duo britton – de Brighton – sonne le retour des projets plus expérimentaux. Chacun dispose d’une batterie et de claviers : prometteur. Mais est-ce l’inspiration du moment, ou le fait qu’on se trouve là en fin de parcours, toujours est-il que l’expérimental s’efface peu à peu dans les beats et que le petit chapiteau se transforme peu à peu en dancefloor. Pas grave, ça reste le Micro quand même. Vivement l’année prochaine !

Didier Stiers
(Photos : Sophie Kip)

 

 

Didier Stiers

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