Evil, evil, evil Superstars

Frontstage - Evil 1

C’était l’un des événements attendus de ce Pukkelpop 2015, et il n’y a pas eu de déception. Le cultissime groupe limbourgeois ressuscité sentait le soufre, la folie et le sexe.

Pourvu que ces retrouvailles ne soient pas un one shot ! C’est la première réflexion qu’on se fait alors que les Limbourgeois viennent de terminer « It’s a sad, sad planet » joué en « rappel ». C’est vrai : voilà un bail qu’on n’a plus vu un concert pareil, mélange à la fois de fun et de dinguerie, de plaisir et, ne l’oublions pas, de titres rock furieux qui furent précurseurs à bien des égards.

Frontstage - Evil 2

Au centre de tous les regards, Tim Vanhamel et Mauro Pawlowski. La chemise hawaïenne du premier, l’allure un peu dandy du second ne sont que camouflage : ces deux-là s’avèrent être des envoyés de l’enfer venu faire de la promo pour leur Patron. Où c’et qu’on s’inscrit ? Ben oui, « 1.000.000 demons can’t be wrong ». Sur l’écran se succèdent les images tantôt grotesques (une tête de mort ricanante, des bouches qui s’ouvrent dans des bouches), tantôt parfumée de stupre et de luxure au gré de leurs transformations kaléidoscopiques (on voit des jambes de femmes, mais aussi quelques sexes (féminins comme masculins) pas trop fugaces. Leur « Dark age disco » est décidément une drôle de danse…

Ceux qui ont ce samedi soir encore dans l’oreille l’une ou l’autre apparition un peu bordélique d’Evil Superstars version années 90 peuvent être surpris. Si les interventions déjantées du clavier et le chant des deux susmentionnés font la parfaite bande-son d’une visite dans un hôpital psychiatrique, ça joue fort (ici et là, ça semble même plus fort, plus dur que « dans le temps »), ça vient à peine de taper sous la ceinture que ça remonte s’attaquer à votre cerveau. Et c’est tellement addictif qu’on en redemande encore et encore. « Smart sex with a winner » ? Oh oui, « B.A.B.Y. » !

Frontstage - Evil 3

Finalement, parmi toutes les « suprises » et les nouveautés imaginées à l’occasion des 30 ans du Pukkelpop, c’était ça, le plus beau cadeau. Les retrouvailles avec le public d’un groupe culte (ou la découverte, pour les plus jeunes), honnête, malin et bandant tout à la fois. « Nos conditions étaient simples, confiait Mauro au magazine Humo. Pas sur la scène principale et pas comme tête d’affiche. Ce n’est pas de la fausse modestie, mais Evil Superstars n’a jamais été un groupe très populaire. Ce serait une erreur de faire de ce retour quelque chose du genre d’un comeback de Led Zeppelin. » Ces mecs ont tout compris ! Au point que quand tu sors du Marquee et que tu vas jeter une oreille aux Californiens d’Offspring qui viennent de mettre une thune dans le jukebox de leur machine à tubes, tu ricanes sauvagement.

Merci Mauro & co, et tot sebiet !

Didier Stiers
(Photos : Mathieu Golinvaux)

 

Didier Stiers

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