Pukkelpop, une sorte de bilan

KIEWIT, Concert musique festival Moutain Bike.GOLINVAUX MATHIEU./LESOIR

Chiffres, gagnants, perdants et autres observations plus ou moins profondes.

Les gagnants

20150821PKPD2-92

> Goat (Wablief?!, Vendredi à 22h40)

C’est donc dans la petite tente du Wablief?! qu’il fallait se diriger pour assister au concert du festival (avec Evil Superstars). Rappelons la légende… Celle d’un shaman apportant le vaudou dans le village nordique de Korpilombolo. Quand les croisés chrétiens ont débarqué, ses habitants ont lancé une malédiction sur l’endroit avant de commencer à jouer de la musique afin de se munir contre les mécréants. Une tradition qui perdure depuis des siècles. Goat, selon ses membres, est ainsi moins un groupe qu’une tradition musicale. Et c’est tout ce qu’on sait sur le collectif suédois. Ça et le fait que leurs concerts s’apparentent à de véritables cérémonies païennes, des offrandes aux dieux lancées à coups d’envolées psyché-kraut-afrobeat et menées par deux prêtresses hallucinées et hallucinantes. A lui seul, ce concert a sauvé le festival…

–> notre critique

20150821PKPD3-86

> Evil Superstars (Marquee, Samedi 18h45)

Le retour des fils prodiges pour une prestation unique (pour l’instant) sur leurs terres. Et ce fut dantesque! Dans la morosité rock ambiante qui a le souci du chipotage, Evil Superstars nous a rappelé qu’un groupe de rock pouvait aussi être imprévisible, radical, bruitiste, expérimental, bordélique autant que pop et vous en mettre plein la tronche! Oui, il fut un petit temps déjà, la Belgique eut un vrai bon groupe de rock. Une claque!

–> notre critique

20150821PKPD2-31

> Courtney Barnett (Club, Vendredi 18h15)

Courtney est cool. Elle a des bonnes chansons, joue spontané, ne se prend pas la tête et dégage un bel esprit DIY qui renvoie aux plus belles heures des 90′s. Evidemment, faut aimer le rock…

–> notre critique

20150820PKP01-84

> Limp Bizkit (Main Stage, Jeudi 20h30)

Eux qui n’avaient plus rien à perdre, ont véritablement tout gagné. Gros son, tubes, style qui sied à l’air du temps, efficacité à 200%. Dans la morosité de la première journée, Limp Bizkit a mis un sacré boxon et empoché tous les lauriers. Et en plus c’était mérité! Faut-il s’en réjouir? C’est une autre histoire…

–> notre critique

Bonus hors-catégorie

20150821PKPD3-96

> Offspring (Main Stage, Samedi 19h40)

Toujours pas compris le pourquoi du comment de cette hystérie collective…

–> notre critique

20150822PKPD302-3

Les perdants


> L’affiche

A dire vrai, il se pourrait bien que cette édition du Pukkelpop soit aussi la plus faible de son histoire en terme d’affiche. La première journée fut peau de chagrin, avec uniquement nos yeux pour pleurer. Rien. Que dalle. Et le samedi n’était pas beaucoup mieux… Ainsi, durant ces trois jours, l’affiche sur la Main Stage nous est apparue comme particulièrement populiste pour mieux faire populaire. Est-ce une tendance qui va s’accentuer? Il n’y a pas si longtemps, les grosses affiches s’appelaient Nick Cave, Stone Roses, Portishead ou Foo Fighters… Aujourd’hui… En fait, on ne saurait trop dire. Et on a évité autant que possible. En 2015, les grands noms s’appelaient Limp Bizkit, Major Lazer, Linkin Park, Offspring ou War On Drugs. Il y a de quoi se poser des questions… (et en même temps, cette édition était complète, donc… Ce que demande le peuple…)

Autres observations

KIEWIT, Concert musique festival pukkelpop young thug.GOLINVAUX MATHIEU./LESOIR

> Mais que fait la police?

Alors, cette campagne anti-drogue? A vrai dire, si à l’entrée du Pukkelpop, on fouille les sacs de façon plus conséquente qu’ailleurs, on n’a sur le terrain pas vu grande différence avec la concurrence. La police est bien présente, discrète en civil, prête à intervenir dès qu’il y a un peu de grabuge, mais loin de s’imposer et casser l’ambiance. En clair, les grandes annonces en amont du festival n’ont pas empêché Young Thug de fumer les pétards que son public lui offrait de bon cœur, ni empiété sur la liberté de circulation d’un public de toute manière fort sage. En somme, encore beaucoup de bruit pour pas grand chose…

> Il en reste, on vous le met aussi?

On vient de voir passer une photo d’un des campings vidés de leurs occupants… Vous la sentez venir, la réflexion ? On dirait une décharge à ciel ouvert ! Conclusion : voilà de quoi donner des boutons aux 335 habillé(e)s de vert qui se sont esquintés à assurer la propreté du site du festival ces quatre jours durant ! Les parents de la génération d’avant inculquaient quelques principes simples à leur marmaille. Genre : « Range ta chambre ! »

Frontstage - Attraction


> Toi aussi tu aimes très fort les chiffres?

Dans ce cas, le petit récapitulatif fourni par le statisticien fou du Pukkelpop va te plaire… Il nous résume les quatre jours de cette édition 2015 comme suit :

- L’affiche comptait 255 artistes dont 62 groupes belges.
- Ensemble, ils ont assuré 238 heures et 40 minutes de musique.
- Ces artistes étaient de 21 nationalités différentes.
- Les festivaliers ont recyclé un total de plus de 445.000 gobelets et bouteilles.
- On peut dénombrer 19.567 (and counting!) photos Instagram et 11.512 tweets mentionnant le hashtag #pkp15.
- A la Baraque Futur, les festivaliers ont dansé 36 heures sur l’energy floor.
- 28.000 chopes “PKP” y ont été remplies.
- Le Boiler était équipé de 132 panneaux lumineux.
- Le public y a assuré le show lumière en envoyant 1.896 tweets reprenant le hashtag #pkpboiler.

> Et sinon, Ride, c’était comment?

A la liste des reformations récentes, on ajoutera celle du groupe d’Oxford, piloté par Mark Gardener et Andy Bell (qu’on a ensuite retrouvé chez Oasis et Beady Eye). Sur papier, c’était franchement moins sexy et excitant que le retour de Slowdive ou d’Evil Superstars. Au Club, où le groupe clôturait la journée d’hier, ce ne fut pas particulièrement excitant non plus mais cependant très honnête. Belles parties de guitares, belles combinaisons de voix et la poignée de hits pour faire plaisir au public un peu clairsemé : les Anglais, appliqués et peut-être un rien maniérés, ont fait le boulot.

Frontstage - Ride

> Si tu rêves d’aller au Pukkelpop en 2016…

Le festival aura lieu les 17, 18, 19 et 20 août.

 

Didier Stiers & Didier Zacharie
(Photos : Mathieu Golinvaux)


commenter par facebook

4 commentaires

répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>