Deep In The Woods : dans le noir et le froid

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La cinquième édition de ce festival pas comme les autres affiche complet. Une expérience à vivre, croyez-nous ! Et trois jours durant, avec ça ! Premier épisode : « Où l’on apprend à se repérer dans l’obscurité »…

« Are you cold ? », demande Amir Mohamed el Khalifa. Le rappeur de Washington, nom de scène Oddisee, regrette probablement de ne pas avoir emmené une petite laine. Pareil pour ses musiciens. Et aussi pour quelques spectateurs, à entendre les réactions dans le public…

C’est qu’à certains égards, Deep In The Woods est un festival roots. Un peu à l’ancienne : exit le tout confort hédoniste d’un Tomorrowland ou le parcours hyper balisé/encadré d’un Werchter. Ici – domaine de Massembre, Heer-sur-Meuse, un jet de silex de Givet – on sent bien la nature. La mousse et les fougères mouillées par la pluie. On entend les insectes dans les bosquets. La fumée des braseros parfume les vêtements, et pique un peu les yeux. Quelques projecteurs donnent aux arbres des couleurs fantasmagoriques : fascinant, ce mauve sur le tronc des bouleaux !

Lonnie Holley et Briqueville, La Jungle, Oddisee, Stuff et Blondy Brownie aux turntables se partagent l’affiche de ce vendredi soir. Tout ce petit monde est réparti sur deux scènes. L’une, toute exiguë, sommairement éclairée, est montée sur un îlot. Au milieu de l’eau, donc… Et c’est donc sur ce qui ressemble à un esquif qu’on écoute La Jungle. La nuit est tombée. Il fait cru. Humide. Les spasmes qui agitent les genoux ne sont pas uniquement induits par le math/kraut rock instrumental du duo montois. N’empêche, il dégage un truc communicatif, propice à la transe. Deux nanas, manifestement pas trop rétives au mélange bière/vin blanc, entament une sorte de danse tribale. Autour d’elles, ça sourit, on se fait emballer par « Apeinapython » et hop, on oublie la météo maussade !

La météo… se rappelle à mon bon souvenir dans la boue qui égaie le sentier à suivre pour rejoindre la scène principale. Regarde où tu marches, innocent, tu vas encore saloper tes Palladium ! Ou te prendre une racine. Cinq minutes de marche plus tard, la civilisation : un coin du domaine qui ramène au concept de festival, avec une scène « principale », du rap un peu jazzy – Oddisee, donc -, du boire, du manger, des tonnelles sous lesquelles s’asseoir, des Cathy cabines et même des douches ! C’est que le gros du public de Deep In The Woods (nombreuses familles comprises) passe les trois jours sur place, en camping ou sous un toit en dur.

Les miens, de toit et de lit, se trouvent à Bruxelles. C’est un peu con, certes. Mais d’abord, remonter vers le parking. Une fois sorti des bois, des brûlots balisent le chemin qui ramène aux voitures. Sous étoiles et un bout de lune, les arbres dessinent des silhouettes fantomatiques… « Pour lui, tout a commencé par une nuit sombre, le long d’une route solitaire de campagne, alors qu’il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva… » Sacré David Vincent ! Bon, moi, demain, je reviens avec un t-shirt en plus. Des bottes et un bonnet.

Didier Stiers
(Photos : Mathieu Golinvaux)

 

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Didier Stiers

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