« Papaoutai » ? A Kigali !

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Comme le lui a dit son frère, s’il termine deux ans de tournée mondiale à Kigali, ce n’est pas un hasard. La boucle est bouclée. Racine Carrée trouve tout son sens. Doubles racines : belges (bruxelloises, flamandes et francophones) par sa maman et rwandaises par son papa décédé en 1994 dans le génocide. Il l’a redit sur scène, samedi, devant les pas loin de 20.000 personnes réunies au stade de l’ULK, l’Université Libre de Kigali. Il est à moitié belge et à moitié rwandais.

Rwanda (prononcé avec 4 R) et Kigali (hurlé des dizaines de fois, sans fin). Les deux lui ont fait la fête. C’est samedi, jour de sortie. Tout le monde est là. Les tickets – de 2000 francs rwandais (un peu plus de 2,4 euros) à 10.000 – ont attiré enfants et parents, jeunes et moins jeunes, Noirs et Blancs, Rwandais et expats, jeunes filles en fleur et beaux gosses sapés comme des princes, nœud-pap’ de rigueur, jeunes aisés ou pas vraiment.

Tout le monde se mélange et les chansons de Stromae prennent ici tout leur sens. De « Bâtard » (Hutus ou Tutsis ? Il l’a dit !) à « Peace Or Violence », ses mots résonnent doublement ici. Et puis surtout, tout le monde danse, et danse et quand il n’y en a plus, à Kigali, il y en a encore. C’est la fête et Paul se donne à fond, sachant que c’est la dernière. Il lance son chapeau dans la foule. Il n’en a plus besoin dorénavant. Et puis il y a celle que tout le monde attend et que Paulo lui-même appréhende un peu, comme il l’a dit le matin lors de sa conférence de presse : « Papaoutai ». La larme redoutée, il l’a bien écrasée et d’annoncer : « Je vais faire une chose que je n’ai jamais faite en deux ans de tournée, j’aimerais faire une grosse dédicace à mon papa : merci papa, merci papa, merci papa ! »

Pro jusqu’au bout de la précision d’un set immuable qu’il articulera ici en français et en anglais, Stromae a ensuite terminé son show comme tous les autres. Par la version a cappella de « Tous les mêmes ».

Cette fois, ça y est, c’est fini, il peut faire la fête toute la nuit. La bière locale Mützig peut couler à flot dans les odeurs de (délicieuses) brochettes grillées. La bière sponsor a trouvé deux beaux slogans: « World’s best brought home » et « The maestro is home ». Le maestro termine à la maison. Il a trouvé ici ce qu’il cherchait: il s’est trouvé, il s’est compris. Maintenant Stromae sait qui il est.

A la sortie du stade, les grappes de spectateurs s’écoulent le long de l’avenue que sillonnent les taxi-motos, les emportant dans la nuit, heureux d’avoir partagé avec le maestro un moment à la fois dansant et émouvant.

De notre envoyé spécial à Kigali, Thierry Coljon

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Les photos du concert

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43 commentaires

  1. Arnaud

    18 octobre 2015 à 22 h 25 min

    Belge ou Rwandais, ce Monsieur est un citoyen du monde qui distille la joie autour de lui. Bravo l’Artiste et que la haine cède de la place à l’Amour partout dans le monde.

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