The Shoes: plus loin, plus vite

The-Shoes_by_Romain-B-James_01_NB

Le duo electro-rock français vient de sortir son deuxième album, «Chemicals». Conversation à la bonne franquette avec les deux Rémois de passage à Bruxelles.

Au départ, nous, on a fait que suivre… « On ferait pas l’interview dans ce bar, là? On n’en a plus des comme ça en France! Ce sera plus agréable, non? » De fait, pile à l’heure de l’apéro, on a déjà eu des entretiens professionnels plus formels… « On va boire de la Jupiler, c’est cool, on n’en trouve pas chez nous! » C’est bien simple, ils sont tellement sympas qu’on ne leur fait pas remarquer qu’ils sont en train de boire de la Maes…

A dire vrai, Guillaume Brière et Benjamin Lebeau, les deux Rémois qui président aux destinées électro-rock de The Shoes, sont comme leur musique: enthousiastes, expansifs, sortant des cadres qu’on essaie de leur imposer. Pour résumer, leur deuxième album, Chemicals, pourrait s’apparenter à une jam entre les Chemical Brothers, Massive, Cure, Specials, Cassius et Soulwax. Bref, on n’a pas le temps de s’ennuyer.

«On a du mal à rester sur un seul style. On écoute tellement de trucs différents que des fois c’est casse-gueule, ça manque de logique. C’est un gros boulot de garder le truc cohérent, éviter que ça parte dans tous les sens.»

Comment y parvenez-vous?

Grâce à notre manager Pierre Le Ny. Et puis, comme sur le premier disque, on avait la pochette avant de commencer le disque. Ce regard d’ado nous a guidés. On y a trouvé une humeur, une esthétique, un angle d’attaque.

Par contre, vous avez bien pris soin d’éviter de faire un deuxième «Time To Dance»…

Ah ben, on a essayé! Mais je crois que c’étaient les pires morceaux qu’on ait jamais faits! T’es en train de faire un deuxième album, les gens te disent: “C’était bien ‘Time To Dance’!”, alors on essaie. Et c’est de la merde! Plus t’essaies de faire un single, moins t’y arrives. Je pense que les plus grands singles ont été faits par accident. D’ailleurs, «Time To Dance», c’était un accident…

Le titre vous a ouvert des portes. Vous avez tourné partout grâce à lui…

C’est clair. En fait, on a d’abord tourné en Angleterre, puis au Japon, puis en France. On a fait un peu les choses à l’envers. On a refusé de tourner aux Etats-Unis. Tous les groupes français qui se la racontent parce qu’ils y ont tourné reviennent le cul à l’air parce qu’ils n’ont plus une thune! Ça a marché pour Phoenix, ça ne va pas marcher pour tout le monde. Par contre, sur ce disque-là, pourquoi pas…

On a l’impression que pour un groupe du continent, il faut repartir de zéro sur chaque album pour percer ailleurs…

Bien sûr! Notre seule ouverture à l’étranger, c’est le clip de «Time To Dance». The Shoes, personne ne connaît. Le clip avec Jake Gyllenhaal en tueur en série? «Ah, OK!» Mais de là à devenir The Shoes, il y a du boulot… Mais je crois que c’est bien aussi de construire quelque chose dans son pays, d’avoir un bon show, quelque chose de solide, pour avoir ensuite la prétention de partir à l’assaut de l’étranger.

Aujourd’hui, quelle est la différence entre les métiers de producteur et de musicien?

Tout est complètement lié aujourd’hui. Au moment où on trouve une ligne de piano, on cherche déjà la manière de la faire sonner. A nos débuts, notre fantasme, c’était d’avoir notre musique sur un CD…

(ça fait trois bons quart d’heure qu’on discute comme ça, de tout et de rien, de biens d’autres choses, aussi. Et c’est l’heure. La charmante attachée presse de PIAS vient nous signaler la fin des festivités…)

Quoi? Allez, on n’est pas souvent en Belgique, on a le temps, quoi! D’ailleurs, l’autre jour, on a joué avec un groupe belge qui nous a mis une sacrée claque… BRNS! C’est ça! Ils nous ont carrément mis la pression. Tu dois le noter, on est fans de BRNS!

Propos recueillis par DIDIER ZACHARIE

> Notre critique de l’album “Chemicals” dans le Mad.

Journaliste lesoir.be

commenter par facebook

répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>