2015 dans le retro: le top 10 de Thierry Coljon

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C’est l’heure des bilans. Avant de dévoiler votre album de l’année samedi, voici les top de nos rédacteurs. On commence par Thierry Coljon.

10. New Order, « Music Complete »

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Il y en aura toujours pour dire que New Order sans la basse mélodique de Peter Hook (qui a quitté le groupe en 2006), ça n’a plus aucun charme. Qu’à l’image du Waiting For the Siren’s Call convenu de 2005, à peine rattrapé par les chutes regroupées en Lost Sirens en 2013 et deux live valant surtout par la reprise des anciens titres, New Order n’est plus ce qu’il était. Bernard Sumner y croit pourtant encore dur comme fer, surtout qu’il récupère Stephen Morris et Gillian Gilbert tout en gardant Phil Cunningham et Tom Chapman et balance un vrai grand morceau : « Restless ». Pour le reste, ce nouveau New Order cherche de nouveaux sentiers à fouler, entre électro pure et envolées de cordes, invitant un paquet de gens : Brandon Flowers, La Roux, Iggy Pop, Tom Rowlands… histoire d’apporter un peu de sang neuf à une partition qui reste malgré tout du New Order.

9. Ballaké Sissoko & Vincent Segal, « Musique de nuit »

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Il y a six ans, la collaboration entre le joueur de kora malien et le violoncelliste français s’était soldée par un magique Chamber Music, empli de vibrations angéliques et d’intimité propre au bien-être intérieur. Après une longue tournée, les revoici de retour à Bamako pour un nouvel épisode de cette précieuse collaboration qui emprunte de nouvelles voies, parfois plus rythmées. « Diabaro » accueille même la voix de la chanteuse Babani Kone alors que « Super Étoile » rend hommage au groupe soudé de Youssou N’Dour. Le dialogue entre les cordes de la kora et celles du violoncelle est une fois de plus extatique. On se laisse porter par tant de beauté pour un voyage onirique qui jamais ne s’épuise, tellement les deux protagonistes pensent à se mettre en danger avec des mélodies très variées. La plus belle musique de nuit qui soit…

8. Balthazar, « Thin Walls »

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Trois ans après Rats, Balthazar a fait appel pour la première fois à un producteur, Ben Hillier (Blur, Depeche Mode, Elbow…) épaulé dans sa tâche par Jason Cox (Gorillaz, Massive Attack…). Le travail est impeccable et même si le single « Then what » est moins convaincant (sans doute par sa ligne de basse inspirée par « Love will tear us apart » de Joy Division), Balthazar signe de grandes compositions (« Decency » qui renvoie à Rats ) comme « True love », un dernier morceau qui est un des meilleurs du groupe. Avec un CD de cet acabit, le groupe devrait définitivement s’installer à l’étranger. (Ph.Mn)

7. Abd Al Malik, « Scarifications »

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Un album coup de poing : de « Allogène (J’suis un stremon) » à « Juliette Gréco », Malik et le DJ Laurent Garnier – un des pères de la french touch – nous emportent dans leur monde violent, sec, frontal. On ne sort pas indemne d’un tel album « Stupéfiant » même si « C’est comme ça ! ». Les machines infernales de Garnier secouent les textes sans fard de Malik qui, pour la voix, s’entoure une fois de plus de Wallen et Mattéo Falkone. On pense à Play Blessures : la rencontre de Bashung et Gainsbourg. Ici aussi, Scarifications mettra peut-être du temps à trouver son public mais sûr que dans dix ans, ce sera un album-culte!

6. Beirut, « No No No »

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Un magnolia en fleurs au printemps : l’image résume bien ce quatrième album de Beirut. Le disque, un peu comme une renaissance, un nouveau départ, ne perd rien de ses qualités, tant mélodiques que dans les arrangements, tout en s’offrant le luxe de se débarrasser des sonorités « world » balkaniques qui collaient aux baskets du groupe depuis son apparition en 2006. La voix traînante de Zach est bien sûr toujours là – tout comme un petit coup de trompette de temps en temps – mais au service d’une partition pop d’une belle simplicité. Seul l’indispensable sert ici à susciter cette émotion croisant la mélancolie avec une belle énergie retrouvée. Finalement, Beirut réussit l’exploit depuis bientôt dix ans de ne jamais nous décevoir !

5. Richard Hawley, « Hollow Meadows »

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Une écoute suffit. Dès la première chanson, « I Still Want You », d’une beauté et d’une force désespérée à pleurer toutes les larmes de son corps, Richard Hawley vous plonge dans son monde fait de calme, d’introspection, de sonorité boisée… Sa voix de crooner est plus griffée que jamais, comme meurtrie par la vie. Mais ses mélodies légèrement rythmées sont autant de crèmes douces, de baumes luttant efficacement contre toutes les contrariétés de la vie. Avec ce huitième album, Hawley est au sommet de son art, parlant le langage du cœur sur un mode d’une simplicité naturelle absolument confondante. Un vrai chef-d’œuvre !

4. Dominique A, « Eléor »

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Arrive un moment où les mots ne suffisent plus à exprimer un sentiment, une impression, un coup de foudre. Dominique A, cela fait plus de vingt ans qu’il avance, nous prend par la main et nous fait voyager, élargissant nos horizons, y faisant entrer d’infinies lueurs intimes. Et à chaque fois, la beauté du paysage nous bénit et nous aveugle tel un soleil noir. Vers les lueurs a ouvert le chemin de ce Éléor baigné de cordes et de douceur. Les mots et les musiques d’A nous apaisent et nous enveloppent dans un cocon rivalisant avec le vol d’un oiseau et l’océan.

3. Half Moon Run, « Sun Leads Me On »

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Déjà en 2012, avec leur premier Dark Eyes, on se disait qu’on tenait là quelque chose d’original. Et voici que les Canadiens issus de Colombie-Britannique et de l’Ontario mais tous basés à Montréal nous livrent maintenant un véritable bijou d’orfèvre qui touchera aussi bien les fans de Radiohead que d’Arcade Fire ou de Patrick Watson. Le quatuor n’a pas son pareil pour passer d’un rock bien endiablé à des atmosphères plus folk qui n’ont pas peur de s’inspirer des années 60 ou de partir sur des arrangements sophistiqués à la Brian Wilson. Le disque, Sun Leads Me On, réussit en fait l’exploit de nous surprendre à chaque morceau, nous emportant sur des terres mouvantes, aventureuses… chaque fois différentes, imprévisibles. En fait, tout au long de l’écoute, on a une certitude : Half Moon Run est un tout grand groupe. À l’instar de ce disque…

2. Blur, « The Magic Whip »

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La guitare tranchante de Graham Coxon sur « Lonesome street », en ouverture de ce premier album depuis douze ans, ne laisse planer aucun doute. Blur est bien en voix, de retour aux affaires avec un guitariste impliqué comme jamais dans le processus créatif de ce vénéneux The Magic Whip. Douze chansons comme autant de références aux différentes périodes de ce groupe majeur ainsi qu’aux travaux de Damon Albarn (« Go out » pourrait être une chanson du répertoire de Gorillaz). Conçu principalement à Hong Kong avant d’être retravaillé en Angleterre par Coxon et Stephen Street, le producteur de toujours, ce nouveau Blur est plutôt une bonne surprise et contient quelques excellentes compositions : le ouaté « Thought I was a spaceman » et surtout les formidables « There are too many of us » et « Pyongyang », souvenir d’un court séjour d’Albarn en Corée du Nord. (Ph.Mn)

1. FFS, « FFS »

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Les Sparks, groupe formé à Los Angeles en 1968 par les frères Ron et Russell Mael, est un fantasme qui a déjà inspiré, par le passé, notre Telex aussi bien que les Rita Mitsouko (trois titres sur l’album Marc & Robert de 1988). Giorgio Moroder, Faith No More et Erasure ont également déjà sollicité la folie d’un groupe qui a connu de nombreux succès depuis le « This Town Ain’t Big Enough for Both of Us », tube de 1974, tout en restant underground. Ce sont cette fois les Écossais de Franz Ferdinand qui ont désiré pousser la collaboration avec les Sparks tout au long d’un album de douze titres écrits et composés ensemble. Le disque est très « Sparks » et c’est tant mieux.


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