2015 dans le retro: le top 10 de Philippe Manche

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C’est l’heure des bilans. Avant de dévoiler votre album de l’année samedi, voici les top de nos rédacteurs. Au tour de Philippe Manche.

10. Feu! Chatterton, “Ici le jour (a tout enseveli)”

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n an après un deuxième EP qui a fait parler de lui, Feu ! Chatterton confirme avec son premier album tout le bien qu’on pensait déjà du groupe. A la fois ancré dans la tradition hexagonale (Bashung, Noir Désir suintent dans ce rock en français) et lorgnant vers le dance-rock de LCD Soundsystem, « Ici le jour (a tout enseveli) » laisse surtout entendre un groupe à forte personnalité, qui assume ses influences tout en les modernisant. A l’image de son chanteur qui déclame des textes au lyrisme assumé, Feu ! Chatterton trouve déjà sa place dans l’histoire du rock français.(D.Z.)

9. Leftfield, “Alternative Light Source”

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Des nappes de claviers, un beat vénéneux, la voix de Tunde Adebimpe (TV On The Radio) et toujours cette rythmique syncopée qui nous ramène en terrain connu quasi 16 ans en arrière, date du dernier Leftfield avec un hypnotique « Bad radio » en ouverture de ce très bon disque de l’Anglais. Grâce à la présence de nombreux invités dont Sleaford Mods sur le très sale « Head and shoulders », Leftfield rassure les fans de la première heure par une production résolument moderne qui devrait lui permettre de toucher un nouveau public.

8. Kurt Vile, “b’lieve I’m going down”

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Evoluer sans pour autant changer de style, étoffer ce mix de folk, de rock et de psyché sans faire de l’opportunisme est un art délicat. Que Kurt Vile maîtrise plutôt pas mal sur ce disque enregistré notamment au Rancho de la Luna (PJ Harvey, Queens Of The Stone Age…). On sait déjà ce qu’il vaut avec sa guitare (et il le sait lui aussi, manifestement…), pas étonnant donc d’entendre sur cet album qui fait suite à Wakin on a pretty daze des compos comme « Pretty pimpin’ » (premier single) ou « Kidding around » qui auraient tout aussi bien pu figurer sur ce prédécesseur. Si le banjo de « I’m an outlaw » fait un peu office de « nouveauté », il faut alors en dire autant du piano, très présent sur des titres comme « Bad omens » ou « Lost my head here ». (D.S.)


7. FFS, “FFS”

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Les Sparks, groupe formé à Los Angeles en 1968 par les frères Ron et Russell Mael, est un fantasme qui a déjà inspiré, par le passé, notre Telex aussi bien que les Rita Mitsouko (trois titres sur l’album Marc & Robert de 1988). Giorgio Moroder, Faith No More et Erasure ont également déjà sollicité la folie d’un groupe qui a connu de nombreux succès depuis le « This Town Ain’t Big Enough for Both of Us », tube de 1974, tout en restant underground.
Ce sont cette fois les Écossais de Franz Ferdinand qui ont désiré pousser la collaboration avec les Sparks tout au long d’un album de douze titres écrits et composés ensemble. Le disque est très « Sparks » et c’est tant mieux. (T.C.)


6. Yo La Tengo, “Stuff Like That There”

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5. Faith No More, « Sol Invictus »

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Après dix-huit ans de silence discographique, la bande à Mike Patton revient comme au premier jour. Sol Invictus vient sans peine se placer à la droite des meilleures productions du groupe Angel Dust et The Real Thing. Mieux, il regorge de titres imparables (“Motherfucker”, “Superhero”) et permet à Faith No More de s’offrir une nouvelle jeunesse trente ans après sa formation. Avec en prime, une tête d’affiche inespérée à Werchter en remplacement des Foo Fighters. Que demande le peuple?


4. Dominique A, « Eléor »

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Arrive un moment où les mots ne suffisent plus à exprimer un sentiment, une impression, un coup de foudre. Dominique A, cela fait plus de vingt ans qu’il avance, nous prend par la main et nous fait voyager, élargissant nos horizons, y faisant entrer d’infinies lueurs intimes. Et à chaque fois, la beauté du paysage nous bénit et nous aveugle tel un soleil noir. Vers les lueurs a ouvert le chemin de ce Éléor baigné de cordes et de douceur. Les mots et les musiques d’A nous apaisent et nous enveloppent dans un cocon rivalisant avec le vol d’un oiseau et l’océan.


3. Blur, « The Magic Whip »

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La guitare tranchante de Graham Coxon sur « Lonesome street », en ouverture de ce premier album depuis douze ans, ne laisse planer aucun doute. Blur est bien en voix, de retour aux affaires avec un guitariste impliqué comme jamais dans le processus créatif de ce vénéneux The magic whip. Douze chansons comme autant de références aux différentes périodes de ce groupe majeur ainsi qu’aux travaux de Damon Albarn (« Go out » pourrait être une chanson du répertoire de Gorillaz). Conçu principalement à Hong Kong avant d’être retravaillé en Angleterre par Coxon et Stephen Street, le producteur de toujours, ce nouveau Blur est plutôt une bonne surprise et contient quelques excellentes compositions : le ouaté « Thought I was a spaceman » et surtout les formidables « There are too many of us » et « Pyongyang », souvenir d’un court séjour d’Albarn en Corée du Nord.


2. TaxiWars, « TaxiWars »

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Tom Barman, le leader de dEUS, aime le jazz, on le saite ! Robin Verheyen est un saxophoniste belge qui vit à New York et joue un jazz résolument contemporain. Les deux artistes se sont rapprochés, se sont adjoint deux cadors, Nicolas Thys à la basse et à la contrebasse et Antoine Pierre à la batterie. Robin a écrit les musiques, Tom, les paroles. Résultat ? Un jazz-rock accrocheur et fascinant. Les structures des morceaux sont fortes, les riffs au sax sont tenaces, la batterie est sèche, la basse est dure, la voix de Tom est forte, passant de la chanson au spoken word, la sonorité est tranchante. (J-C.V.)


1. Ghostface Killah, « Twelve reasons to die II »

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Quelques mois après l’imparable Sour soul enregistré avec Badbadnotgood, la fine lame du Wu-Tang Clan débarque avec son flow de briseur pour le successeur de Twelve reasons to die I sorti en 2013. Dans une ambiance « Morriconienne » – le fidèle Adrian Younge est à production et se charge de jouer quelques instruments – Ghostface nous narre la suite des aventures de Tony Starks, l’homme de main de la famille DeLuca sous influence du cinéma érotico-gore de série B. Renforcé par des apparitions tranchantes de Raekwon, RZA, ou Bilal, ce disque est une bombe atomique d’un peu plus de trente minutes. Dans le genre imparable, immédiat, frontal et groovy, on n’a pas trouvé mieux cette année.


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