L’électro héroïque d’Ulysse

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Il aura suffi d’un seul EP, U as in Ulysse, en 2014, pour que le trio électro Ulysse bénéficie d’un éloquent bouche-à-oreille ressemblant à une traînée de poudre en feu.

Par la magie d’internet, le journal américain Huffington Post s’est même fendu d’un texte très élogieux, annonçant un bel avenir au groupe bruxellois. Celui-ci vient de publier sa deuxième livrée, Cashmere Guns, cinq titres plus cohérents encore. « Celui-ci est plus abouti, nous ont raconté Benoît et Julien. Le premier était très spontané, surtout basé sur le son. Cette fois, on a veillé à soigner le côté chanson, avec des mélodies qui peuvent très bien tenir en voix et guitare. »

Benoît et Julien se sont connus à l’âge de 12 ans, à Liège. Une fois à l’IHECS (l’école de journalisme et de communications), ils rencontrent Arnaud, originaire d’Ath. Ils commencent à partager leur passion pour la musique en général, et l’électro en particulier. Fin 2013, cela aboutit à un premier single, « Gaze » plutôt bien accueilli malgré ses défauts (Benoît : « Je l’ai mixé moi-même sans rien y connaître. »). Mais c’est surtout avec leur premier EP (et le titre « Wounds ») que les choses vont s’accélérer. Ils participent à l’été 2014 aux concours tremplins des Ardentes et de Dour qu’ils emportent l’un et l’autre. « Il s’agissait pourtant de notre quatrième concert seulement et comme on n’avait que 25 minutes de musique, on a dû bosser comme des malades pour avoir de quoi tenir 45 minutes. »

Si Arnaud, le chanteur, est en charge des textes, la façon de procéder d’Ulysse n’en est pas moins originale : « On travaille chacun de notre côté sur les sons et les morceaux et on met tout en commun pour ne garder que le meilleur. C’est celui qui a la meilleure idée qui l’emporte. Séparément, aucun de nous n’est un grand musicien. On est plus dans la recherche de sonorités. Rien n’est fixé, ce n’est pas comme dans un groupe de rock où chacun a son rôle. Sinon sur scène et encore, on bouge beaucoup. »

Fan de Jamie XX ou de James Blake, Ulysse ne prétend pas révolutionner le genre mais s’applique à trouver son identité avec une sonorité propre et des chansons originales, même s’il n’aime pas trop le mot électro-pop : « Ce qui est passionnant avec l’électro, c’est que ça va très vite. Tu peux te faire connaître à l’étranger assez rapidement, grâce à internet, mais en même temps, t’es vite oublié aussi. L’électro se démode très vite, le son est identifié à une période. La concurrence est rude. C’est assez frustrant car ça prend du temps de construire quelque chose. On a vraiment envie de raconter une histoire, avec des machines mais aussi quelque chose d’organique. »

Le visuel, chez Ulysse, a aussi son importance. Benoît, réalisateur vidéo et photographe, peut s’en occuper. Le groupe se charge lui-même de tout, de la pochette aux t-shirts, en se manageant lui-même. Ulysse n’est pas un héros pour rien : « Ça nous rappelle nos cours de grec. C’est un mythe aussi. Ulysse, c’est un nom court qui se retient facilement. »

Notre critique * * * et l’écoute intégrale sur Deezer.

Ulysse sera à Propulse ce jeudi 4, à 22 h 30, à l’Orangerie du Botanique (www.propulsefestival.be). Et en première partie de Hyphen Hyphen, à la Madeleine le 18/2.


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