Lieutenant en français dans le texte et dans l’arène

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Lieutenant et Ulysse sont deux des jeunes groupes programmés au festival Propulse qui se tient cette semaine à Bruxelles. Lieutenant, de Liège, publie « Au cœur de l’arène », un livre et un disque

Le Lieutenant d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier. Formé en 2010 à Liège par Laurent Van Ngoc et Philippe Lecrenier, qui se sont connus à l’âge de 15 ans à l’école Saint-Barthélemy, Lieutenant est né des cendres de la power-pop de Soulwasters (2000-2009) pour une musique plus folk, toujours en anglais. «  On aimait bien Simon & Garfunkel  », reconnaît le duo. L’envie d’entendre de belles sonorités les pousse à se mettre en quête d’instrumentistes : Vincent Hargot complète le groupe à la clarinette, Pierre Mulder à la batterie et Pauline Van Ngoc au violon (qui sera remplacée en juillet 2014 par Anne-Claude Dejasse). Un EP, sorti début 2013, témoigne de ces débuts pop-folk, qui leur valent d’être remarqués au Verdur Rock et de se produire aux Ardentes et au BSF.

Mais pour l’album, Lieutenant a une autre idée : traduire en français certaines chansons. Naît ainsi un fil rouge, une histoire de science-fiction réaliste qui deviendra le livre Au cœur de l’arène, écrit par Philippe Lecrenier : «  On voulait raconter des petites histoires. Les chansons et le livre ont été écrits simultanément, avec les mêmes thèmes qui nous touchent : la désespérance, l’isolement. »

Au cœur de l’arène est une fable contemporaine. Victor est un marionnettiste ivre de liberté, vivant dans un monde orwellien, sombre et dictatorial, rappelant 1984. Sur le thème du paradis perdu et de millions de corps déboussolés, le disque accompagne le livre, avec les mêmes illustrations signées Pierre Mulder, le batteur du groupe : «  L’idée était de laisser émerger les modes d’expression de chacun. On ne pensait simplement pas que ça prendrait autant de temps. »

Ainsi, Au cœur de l’arène, en plus d’être un disque et un livre, est aussi une exposition de dessins et un concert : «  Beaucoup de centres culturels sont intéressés par la démarche car ces lieux peuvent s’y prêter. On peut donc imaginer une expo et un concert où le livre et le CD se vendraient mais, en même temps, ce n’est pas obligé, on veut que chacun des quatre volets artistiques existe séparément, sans rien perdre. De la même manière que chaque chanson existe à part entière, distinctement. Ce n’est pas un concept-album d’un point de vue musical. Dans les festivals, on ne va pas débarquer avec toutes nos histoires. De la même manière qu’à certains concerts, on ne sera qu’à nous cinq et, à d’autres, en fonction de la demande, on jouera avec un quatuor à cordes. »

Lieutenant rejoint ainsi d’autres groupes liégeois qui, après Jeronimo, Sacha Toorop et Eté 67, ont fait le choix du français pour s’exprimer, de La Cécité des Amoureux à Va à la Plage, en passant par Dalton Telegramme. De là à parler d’une nouvelle scène ? «  Si on fait partie d’une scène, on ne s’en rend pas vraiment compte même si, de fait, il y a un vrai retour au français. La Soundstation et le collectif JauneOrange ont créé un vrai vivier, ça, c’est vrai. Il nous arrive de jouer avec des groupes comme Dan San ou Roscoe, qui s’expriment en anglais. On s’entend tous bien, sans se juger les uns les autres. Il s’agit surtout de mutualiser les forces et de travailler collectivement. Il y a, à Liège, une vraie écoute, une vraie entraide entre les groupes. »

THIERRY COLJON

Notre critique * * * et l’écoute intégrale sur Deezer.

Lieutenant sera ce mercredi 3 à Propulse, à 17 h 30 à la Rotonde du Botanique.


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