Les Eagles of Death Metal s’amusent à nouveau

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Quatre mois après le Bataclan, le groupe californien était de passage à Bruxelles. Exit le Cirque royal trop exigu, c’est à Forest National que le concert avait lieu.

Une semaine après leur retour à Paris, les Eagles of Death Metal venaient donner à Bruxelles le concert qu’ils n’avaient pu faire en novembre dernier. Le lieu a ici aussi changé, mais pas pour les mêmes raisons. Alors que le groupe californien devait se produire dans un Cirque royal sold out le 15 novembre, les organisateurs ont choisi Forest National (en format club qui peut accueillir environ 4.000 personnes) pour ce nouveau concert. Ce qui inquiète certains fans.

« C’est un peu bizarre parce que c’était un petit groupe avec son public bien à lui, nous disent François et Vincent, deux Carolos fans de la première heure, mais qui assisteront à leur premier concert du groupe. Ici, on dirait qu’il y a un effet Charlie Hebdo. Les gens soutiennent, c’est comme une espèce de mode. Et puis ils découvrent, tombent sur les histoires de flingues de Jesse Hugues et là, ils font marche arrière. Nous, on s’en fout, c’est la musique qui nous intéresse. Et dans sa musique, il n’y a aucun appel aux flingues ou à la haine, c’est juste du rock’n’roll. Mais on a un peu peur que la moitié des gens qui sont ici le sont sans vraiment connaître la musique, juste parce qu’il faut être là. »

Il n’en est rien. Selon l’organisation, 2.500 personnes ont acheté leurs tickets en prévente. Soit 500 de plus qu’au Cirque royal, qui avait tout de même affiché assez rapidement complet. C’est donc une séance de rattrapage pour pas mal de fans. « On n’avait pas réussi à avoir de tickets pour le Cirque royal donc, ici, on en profite », expliquent Filip et Diane, de Hasselt. En réalité, la grande question autour de l’arène à quelques heures du début du concert est de savoir si Josh Homme, cofondateur du groupe et leader des Queens of the Stone Age, qui était absent au Bataclan mais présent à l’Olympia, sera sur scène ce soir…

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Côté sécurité, ce concert n’est évidemment pas comme les autres. Enfin, ça dépend… Les forces de l’ordre sont bien visibles. Les uns en treillis, mitraillette en mains, les autres en uniformes bleus aux alentours des portes. Chacun assure d’une voix qu’il y a plus de sécurité que d’habitude, encore faut-il s’accorder sur ce « d’habitude ». « C’est comme ça pour tous les concerts et événements de cette importance depuis Paris », nous dit-on d’un côté ; « c’est surtout parce que c’est ce groupe-ci ! », s’exclame-t-on de l’autre. Le principal, c’est qu’on soit d’accord! Et puis, on a fini par prendre l’habitude : ouverture des manteaux, fouille des sacs, bras écartés, détecteur de métaux et double vérification des tickets. Mais une fois dedans, il n’est plus question que d’une seule chose : rock’n’roll !

C’est le groupe de metal français Sinner Sinners qui envoie la première raclée de décibels. Une demi-heure plus tard, déjà, le chant punkoïde de la guitariste autrichienne de White Miles et la sueur de son batteur tyrolien font péter les braguettes d’un Forest National plein à craquer de blousons de cuir.

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21h06 à la pendule du Diable : les Eagles of Death Metal déboulent dans l’hystérie (mais sans Josh Homme). Jesse Hughes vient mater les filles de ses bretelles rouges sur l’air de « Ladies Night ». Les culottes sont électriques, ça démarre sans un mot sur un riff lourd comme l’express de Santa Fe. Yes Jesse : I only want you, fuckin bastard of God ! Les mains claquent. Darlin’ Dave avale une bière dans sa barbe blanche et dégaine la six cordes. Goddam ! We love rock’n’roll ! C’est clair : ce soir, fini de chialer. Les EODM sont là pour s’amuser entre amis et le public réclame son overdose de fun dans une ovation debout aux survivants du Bataclan.

Au rappel, Jesse Hughes remonte seul en scène avec sa guitare et balance une dédicace a capella aux disparus, avant de déchirer le « Brown Sugar » des Stones. Les Sinner Sinners et les White Miles rejoignent les EODM pour partager une dernière fois le bonheur d’être ensemble sur cette tournée. Dans un boucan d’enfer, Hughes fend la foule au culot pour un solo dans les gradins. Jeudi soir à Bruxelles, le groupe a joué le dernier concert de son « Nos amis Tour » et la terreur a perdu: rock’n'roll may never die.

DIDIER ZACHARIE et DANIEL COUVREUR
Photos: MATHIEU GOLINVAUX

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