Muse… On a marché sur la lune

MUSE THE DRONES WORLD TOUR©Dominique Duchesnes

Muse a entamé samedi son marathon de quatre dates au Palais 12 de Bruxelles. L’attaque des drones a bien eu lieu.

Commençons par avouer la chose: on n’a jamais été fan de Muse. Question de génération, de pudeur face à la grandiloquence affichée du groupe, que sais-je? On a laissé vivre sans que ça nous interpelle. Si bien qu’on assistait samedi à notre premier concert du trio (quatuor en live) hors festival. Cinq minutes et un titre et demi plus tard, on se posait cette question: comment a-t-on pu passer à côté d’un truc aussi monstrueux?

Ça a commencé comme promis, avec des drones. Six grosses sphères éclairées dans la nuit qui survolent la salle tandis qu’une armée de type stormtroopers tient la garde au son de d’une symphonie mortifère: « Killed by drones… » La scène circulaire est installée au centre de la salle, avec des rampes qui coupent le Palais 12 dans sa longueur. Des gradins ont été installés tout autour. Les membres arrivent alors dans le noir par les deux extrémités de la scène et attaquent avec les deux singles du dernier album: « Psycho » et « Dead Inside ». A partir de là…

Muse a beau jouer des effets visuels (projetés sur des draps qui descendent autour de la scène centrale), des drones, des ballons à paillettes et autres accessoires, ce qui frappe (dans tous les sens du terme) et fait le concert, c’est le son. Et alors, quel son! On avait fini par penser que seules les machines pouvaient nous transporter, surtout dans des grands espaces comme le Palais 12. Et voilà ces trois gars (quatre, pardon) qui prouvent que le format basse-guitare-batterie (et bidouillages électro, certes…) est loin d’avoir tout dit!

MUSE THE DRONES WORLD TOUR ©Dominique Duchesnes

On se prend chaque coup de grosse caisse comme un uppercut, la basse est monstrueuse de puissance tandis que le Bellamy parvient encore à tirer des sonorités inédites de ses six-cordes. C’est d’une énergie et d’une clarté impressionnantes. On entend chaque note distinctement. C’est aussi (surtout) ce qui fait la différence entre les groupes à potentiel et les groupes de classe supérieure: parvenir à obtenir un son aussi bon dans ce type de grand hangar à résonance (un Oscar pour l’ingé son!). Enfin, pour ceux qui en douteraient encore: ça joue. Et ça joue foutrement bien!

On en est donc là quand Muse ressort de ses vieux tiroirs « Hysteria » et « Plug In Baby ». Il s’agira (avec « Time Is Running Out » en fin de set) des seules incursions dans les trois premiers albums du groupe. La setlist est en effet centrée sur la période post-Absolution. Comme ce « The 2nd Law » qui marque une première intermittence plus contemplative dans ce qui s’avère être une série non-exhaustive de tubes. Pour autant, ceux-ci ne sont pas exécutés à la jean-foutre et offerts au public comme de la bouffe à des cochons… Que non! On se répète, mais le groupe joue, rallonge, cite Hendrix ou part en jam, bref, il prend du plaisir. Et il en offre tout autant.

Et là, on comprend un peu mieux. A un moment, on a dû se dire que le rock était quelque chose de sérieux, un truc important, un Art majeur. Ça devait être du côté de l’an 2000 avec ce groupe qui commence en R et fini par diohead… C’était la première erreur. La deuxième, ce fut de prendre, justement, trop au sérieux les élucubrations spatio-temporelles et paranoïaques à la Philip K. Dick de Muse. Parce qu’au fond, Muse, c’est fun et pop. Et virtuose, ça oui. Un Led Zeppelin glam du XXIe siècle. Et on se plaît à entrer dans le monde qu’il a créé comme dans une BD de SF. Et savez quoi? On a bien bon!

MUSE THE DRONES WORLD TOUR ©Dominique Duchesnes

Tiens, les drones reprennent de l’altitude sur « Supermassive Black Hole » (plus tard, un vaisseau spatial traversera même la salle – voir vidéo ci-dessous). Matt Bellamy et Chris Wolstenholme sont toujours en mouvement, utilisent l’espace au mieux pour que tout le monde puisse en profiter tandis que la scène centrale tourne sur elle-même. Alors que les tubes s’enchaînent (« Starlight », « Madness », « Undisclosed Desires » entre deux incursions psyché-lunaires type « The Globalist », « United States of Eurasia »), il est clair que cette configuration pourrait être transposée dans un stade. C’est bien simple, le Palais 12 paraît presque trop étroit tant le groupe s’en est emparé avec facilité. Muse, dernier avatar du stadium rock.

La dernière ligne droite est un feu d’artifice. Au propre comme au figuré (serpentins, paillettes et confettis, roulez jeunesse!). Trois extraits de Drones annoncent la charge finale: « Knights of Cydonia », épopée intergalactique et ô combien épique dont le break (« No one’s gonna take me alive… ») sert de rampe de lancement pour l’explosion finale qui achève tout le monde. La lune est conquise, mon général. Nous aussi. Et ce n’était que la première bataille. Il ne va plus rien rester du système solaire après leurs quatre passages bruxellois…

DIDIER ZACHARIE
Photos DOMINIQUE DUCHESNES

Setlist: INTRO Dance of The Knights/Drones – Psycho/ Dead Inside/ Interlude/ Hysteria/ Plug In Baby/ The 2nd Law: Isolated System/ The Handler/ Resistance/ Supermassive Black Hole/ Prelude/ Starlight/ United States of Eurasia/ Munich Jam/ Madness/ Undisclosed Desires/ [JFK]/ Revolt/ Time Is Running Out/ Uprising/ The Globalist/ Drones RAPPEL Mercy/ Knights of Cydonia

Muse continue son marathon au Palais 12 ces 13, 15 et 16 mars. Tout est complet.

> Lire aussi sur Le Soir Plus > Muse, le dernier ogre du rock

Journaliste lesoir.be

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