Marlon Williams, la musique aux deux visages

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Le troubadour néo-zélandais de 25 ans, auteur d’un miraculeux premier album solo éponyme, sera ce samedi 16 avril au Club de l’Ancienne Belgique

Né à Christchurch, le 31 décembre 1990, Marlon Williams a déjà une solide carrière derrière lui avant ce premier disque réellement enthousiasmant qui rappelle les Jahwayks, Neil Young, Timber Timbre et Roy Orbinson. Il émane de Marlon Williams, le disque, un classicisme à l’ancienne, sans que ce ne soit un gros mot, dont chacun des neuf morceaux – « Silent passage », la reprise de Bob Carpenter comprise – aurait pu se retrouver sur les ondes de « ThemeTime Radio Hour », l’émission de Bob Dylan. Le rendez-vous avec le jeune homme courtois et affable est matinal. Encore en plein décalage horaire, on le retrouve dans le lobby d’un hôtel du centre-ville par une froide matinée de janvier, sur le coup de neuf heures du matin.

Comment vous présenteriez-vous si on se mettait à parler, comme c’est le cas maintenant, autour d’un café ?

J’ai commencé à chanter dès l’âge de 10 ans. Et je suis musicien professionnel depuis l’âge de 16 ans. J’ai monté mon premier groupe quand j’étais en secondaire, The Unfaithful Ways, je devais avoir 13 ou 14 ans. C’était de la country-rock fortement influencée par The Jawhayks, parce qu’ils avaient aussi un côté très pop. Ensuite, j’ai été le chanteur d’un duo de country, Delaney Davidson, avec qui on a fait quelques disques et dont la série s’appelait Sad but true : the secret history of country music. On enregistrait des vieilles chansons d’Hank Williams qu’on mélangeait avec les nôtres. On voulait aussi écrire un disque autour de la Seconde Guerre mondiale.

Vous avez grandi dans un environnement propice à l’artistique ?

Mon père chantait dans un groupe punk un peu dans l’esprit de Suicide. Mes premières influences musicales, c’est à mon paternel que je les dois. Il me ramenait des CD chaque semaine et ça commençait par Elvis Presley et The Beatles pour arriver ensuite à Echo & The Bunnymen, et revenir à Music for big pink, le premier album de The Band. Mais je pense qu’un des albums qui m’a le plus rendu dingue, c’était GP de Gram Parsons. J’ai eu la chance de rencontrer Gary Louris des Jayhawks et quand je lui ai parlé de ma passion pour Gram Parsons, il m’a suggéré d’écouter les albums solos de Gene Clark, des Byrds. Ah ! oui, j’ai aussi beaucoup écouté Townes Van Zandt.

Vous ne mentionnez aucun groupe néo-zélandais ou australien, pourquoi ?

J’aimais bien The Clean, Crowded House, The Chills pour ce qui est des groupes néo-zélandais. L’héritage des Chills est toujours aussi important aujourd’hui et leur label, Flying Nun, toujours en activité. Toute la scène australienne, surtout Nick Cave, je l’ai découverte une fois arrivé en Australie, à Melbourne. En grande partie parce que j’étais jeune, je le suis toujours, et j’avais envie de voir ce qui se passait là-bas. En fait, en 2011, il y a eu grand tremblement de terre à Christchurch, où j’ai grandi, il y a eu pas loin de 200 morts. C’est une autre raison qui m’a poussé à m’installer à Melbourne mais, depuis, je suis retourné chez moi.

Quelle est l’influence de la culture Maori dans votre musique ?

Dans les structures harmoniques et dans la façon de poser la voix. Il n’y a pas vraiment de règles. Mais c’est vrai que les harmonies sont très développées, il y a beaucoup d’espace pour la voix. J’ai aussi expérimenté le chant classique et j’ai même tourné en Europe avec une chorale de soixante personnes. C’était super de découvrir l’Europe de cette façon, on logeait dans des hôtels 5 étoiles…

Pour quand même un peu parler de votre premier album, quelle est l’importance de vos textes comme, au hasard, « Dark Child » ?

C’est une chanson autour de la non-communication entre un enfant et ses parents, un peu dans l’esprit de « She’s leaving home » des Beatles. Ça n’a rien d’autobiographique parce que j’ai toujours eu un excellent rapport avec mes parents. J’aime bien observer ce qui se passe autour de moi.

PHILIPPE MANCHE

Album Marlon Williams (Dead Oceans). En concert ce samedi 16 avril à l’ABClub. Infos et tickets abconcerts.be.


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