Feu! Chatterton… Pour la France!

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Les Parisiens venaient récolter les lauriers de leur premier album aux Nuits Botanique. Un concert réussi, mais pas exempt de quelques désagréments.

Il y a tout juste un an, on découvrait Feu! Chatterton à la Rotonde lors de ces mêmes Nuits Bota. Ils venaient présenter leur EP quatre titres qui laissait déjà entrevoir de bien belles choses. Il y a six mois, les Parisiens remplissaient l’Orangerie, un premier album tout juste sorti sous le bras. Désormais, c’est le Cirque Royal qui accueille la formation. Le succès n’a pas tardé. Feu! a fait parler la poudre, c’est désormais un groupe attendu, suivi et aimé par les foules. Un an a passé et Feu! Chatterton n’est déjà plus le même groupe. Et la performance donnée hier nous fait dire qu’il est peut-être en passe de vivre un destin à la Noir Désir, c’est-à-dire de devenir LE groupe rock français d’une génération.

Chaque titre joué hier soir l’a été de façon on ne peut plus maîtrisée, le groupe est compact, a une présence magnétique et les chansons du premier album sont déjà des classiques. Feu! Chatterton surfe sur la vague au-dessus de la concurrence et avec aisance. Et c’est peut-être là que le bât blesse. Il surfe avec un peu trop d’aisance…

Au centre (de la scène, du groupe), il y a Arthur, chanteur-poète-et-beau-parleur. Beaucoup repose sur Arthur. L’image, la voix, le lyrisme, la présence scénique. Or, Arthur en fait des tonnes dans son personnage de Proust gitan branché guitares et midinettes… Entre chaque titre, il se lance dans des diatribes, improvise sur le même thème, reste coincé dans son personnage, en fait des tonnes et des caisses et finit à la longue par nous saouler quelque peu. Et en même temps, c’est le jeu…

Du coup, on ne sait trop que penser de cette prestation qui a navigué entre le solide et le pénible. Le brillant et le théâtral. La musique et le cinéma… Il a une bonne tête pour faire du cinéma, tiens, d’ailleurs, Arthur. Or, en France, comme chacun sait, tout le monde finit toujours par faire du cinéma. Pour l’instant, on en reste à la musique. De grande qualité. Agréable. Machine à danser et à rêver. Mais on a eu comme l’impression qu’on était déjà passé de l’autre côté du prisme. Que bientôt, Feu! Chatterton ne sera plus que « paraître » et « mise en scène ». On n’en est pas encore là. Mais au train grande vitesse où le groupe grandit, on n’en est déjà peut-être plus très loin.

DIDIER ZACHARIE

Journaliste lesoir.be

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4 commentaires

  1. matdewas

    20 mai 2016 à 17 h 04 min

    Oui, il surjoue régulièrement mais le fait de manière ostentatoire: on est sans doute plus proche du pastiche que de la prise de tête. Par contre aucun mot sur la grosse soupe de sons et la quasi-impossibilité (pour des francophones) de comprendre ses mots? Y avait-il un ingé-son?

    • hoogaert

      21 mai 2016 à 11 h 35 min

      En effet, suis tout à fait d’accord. Nous sommes allés au cirque pour découvrir Feu Chatterton , et avons apprécié la prestation…mais la qualité du son était la plus mauvaise depuis longtemps…Le chanteur était la plupart du temps incompréhensible, couvert par les fréquences de la guitare, il y avait beaucoup trop d’écho,…et cerise sur le gâteau, le gars barbu qui était à la plus grande des consoles, était la plupart du temps en train d’envoyer des sms, avant de s’absenter une bonne période du concert….Dommage pour l’amateurisme des “ingénieurs” ou autres, à l’époque actuelle…

  2. matdewas

    20 mai 2016 à 18 h 43 min

    Ai oublié de mentionner que le concert était très chouette, une prouesse vu la qualité médiocre du son. Bonne ambiance, et Arthur avait l’air sincèrement heureux d’être là.

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